Les consommations de tabac et d’alcool varient en fonction du sexe et de la culture mais elles vont souvent de paire. Simple habitude pour se détendre ? Il semblerait qu’il y ait finalement une explication plus scientifique.

L’alcool et le tabac agissent de manière similaire sur le système nerveux. En effet, ils interviennent tous les deux au niveau des récepteurs nicotiniques. C’est à ce niveau qu’ils influent sur la production de la dopamine, l’une des hormones du bonheur, impliquée dans le système de la récompense, et donc associée au phénomène de dépendance.

Les chercheurs ont ainsi mis en évidence que la nicotine renforce le côté plaisant de l’alcool et inversement la consommation d’alcool (éthanol) renforce l’effet de bien-être créé par la nicotine (production de dopamine). Ainsi, comme dans un couple, ils se soutiennent mutuellement.

D'autre part, plusieurs études ont montré que quand les récepteurs nicotiniques sont bloqués, les gens consomment moins de nicotine, donc par extension fument moins, mais consomment également moins d’alcool.

De surcroît, d’après une étude récente réalisée par des chercheurs de l’école de médecine de l’université du Missouri, la nicotine aurait une propension à réduire la somnolence et la fatigue dues à la consommation d’alcool. Concrètement, les chercheurs supposent que la nicotine agit sur le cerveau basal antérieur pour supprimer l’effet soporifique de l’alcool.

Ces conclusions ouvrent donc de nouvelles pistes dans la compréhension de la consommation combinée d’alcool et de tabac. En effet, en comprenant comment le tabagisme renforce les effets plaisants de l’alcool et en réduit les effets gênants, cela permettra aux médecins d’envisager de nouvelles solutions thérapeutiques que ce soit pour :

  • La dépendance à la nicotine
  • La consommation combinée mais raisonnée d’alcool et de tabac dans un contexte de détente (apéro au bar, dîner entre amis …)
  • L’alcoolisme associé au tabagisme

En effet, chaque année près de 9 millions de décès sont imputables à l’alcool (3,3 millions) et au tabac (6 millions) selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ainsi, grâce à ces différentes études scientifiques, le consommateur sera mieux informé, et donc mieux à même de prendre les bonnes décisions pour sa santé, surtout que l’usage combiné de l’alcool et du tabac augmente de manière significative le risque de développer certains cancers. La compréhension de cette consommation combinée est donc un enjeu important de santé publique.

Pour aller plus loin