On sait aujourd’hui que l’alimentation joue un rôle majeur dans le développement de certains cancers mais également dans leur prévention. De nombreuses études sont là pour témoigner de la cancérogénicité de certains aliments ainsi que du potentiel préventif d’un régime adapté.

Viande rouge et viande transformée : attention aux abus

Ces dernières décennies, de nombreux chercheurs se sont penchés sur le lien entre la consommation de viande rouge ou de viande transformée et le risque de développer un cancer. Selon des agences ou associations telles que le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer – agence affiliée à l’OMS), l’Institut national du cancer et le Fonds mondial de recherche contre le cancer, une consommation excessive de viande rouge ou de viande transformée augmente le risque d’apparition de cancers, notamment du cancer colorectal. Le Haut conseil de santé publique recommande aujourd’hui de limiter la consommation de ces produits (500 g de viande rouge et 150 g de charcuterie par semaine au maximum).

Aliments ultra-transformés et cancer

La viande n’est pas la seule à être en cause dans l’augmentation du risque de cancer lié à l’alimentation. En effet, selon une étude datant du 15 février 2018, réalisée par l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) et l’Université de Paris 13, les aliments ultra-transformés (dont la fabrication inclut plusieurs étapes de transformation et nécessite de nombreux ingrédients principalement utilisés par l’industrie) sont pointés du doigt quant à leur cancérogénicité.

Cette étude montre qu’augmenter de 10 % la quantité d’aliments ultra-transformés dans son alimentation entraînerait une hausse de 10 % des risques de survenue d’un cancer, notamment d’un cancer du sein. Parmi les éléments en cause, on retrouve une qualité nutritionnelle diminuée mais également les additifs et les substances se formant au cours des processus industriels ainsi que les matériaux au contact de la nourriture.

Limiter le risque grâce aux antioxydants

Selon des travaux réalisés par des chercheurs de l’Inra en 2015, c’est le fer contenu dans la viande rouge qui constitue la cause principale du risque accru de cancer du côlon.

En 1994, Serge Hercberg, directeur de l’unité Inserm Epidémiologie nutritionnelle a mené l’étude SU.VI.MAX (SUpplémentation en VItamines et Minéraux Anti-oXydants)  pour évaluer les relations entre l’alimentation et la santé. Cette étude de huit ans a montré qu’une consommation élevée de fer entraîne un risque accru de cancer du sein (de 67 % dans le groupe non supplémenté). Ce risque a pu être éliminé dans le groupe supplémenté, en introduisant des antioxydants à des doses présentes dans un régime équilibré contenant suffisamment de fruits et de légumes.

De tels résultats encouragent à penser que les antioxydants jouent un rôle considérable dans la prévention du cancer du sein. De quoi suivre à la lettre la fameuse recommandation de manger au moins cinq fruits et légumes par jour.

Manger bio pour réduire le risque de cancer ?

Une étude épidémiologique publiée le 22 octobre 2018 et menée par l’Inserm, l’Inra et l’Université Paris 13, a montré une diminution de 25 % du risque de cancer chez les consommateurs réguliers de nourriture biologique, en comparaison des consommateurs occasionnels. Un lien encore plus marqué pour les lymphomes (diminution du risque de 76 %) et pour les cancers du sein chez les femmes ménopausées (diminution du risque de 34 %) a été noté. Les autres facteurs de risque n’ayant pas eu d’influence sur les résultats, ceux-ci pourraient donc être expliqués par la présence de doses plus élevées de pesticides dans la nourriture issue de l’agriculture conventionnelle. De plus, , la présence de  quantités plus élevées de micronutriments dans les aliments issus de l’agriculture biologique (antioxydants, vitamine C…) pourraient conforter ces données.

Attention toutefois, des études supplémentaires sont en effet nécessaires pour confirmer ces conclusions, bien qu'elles soient soutenues par les recommandations du Haut Conseil de Santé Publique pour le Programme national nutrition santé 2017-2021. Celui-ci conseille en effet de « privilégier des fruits et légumes cultivés selon des modes de production diminuant l’exposition aux pesticides ».

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

Pour aller plus loin