Nous le savons tous, l’empreinte de l’Homme sur l’environnement s’agrandit à un rythme alarmant. Cet impact a aujourd’hui atteint un stade critique, érodant petit à petit, la possibilité d’une stabilité socio-économique. Bien que le temps soit compté avant que ces changements ne deviennent irréversibles, il existe encore des solutions pour faire face au réchauffement climatique, qui plus est très fructueuses pour l’économie.

Le réchauffement climatique : quelques bases

Le réchauffement climatique correspond à un phénomène global d’augmentation des températures moyennes sur notre planète. Un grand nombre de scientifiques se penchent aujourd’hui sur le problème afin de mieux comprendre l’impact anthropique (humain) sur ce dérèglement. En 1988, l’Organisation météorologique mondiale, une institution de l’ONU (Organisation des Nations unies), a fondé le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Le but de cet organisme ouvert à tous les pays membres de l’ONU est de fournir régulièrement des rapports scientifiques détaillés sur l’évolution climatique.

Leur quatrième rapport indique que le changement climatique est principalement dû à une hausse de la concentration de CO2 dans l’atmosphère. Cette accumulation de dioxyde de carbone et, à un degré moindre, d’autres gaz à effet de serre, est due aux activités humaines (agriculture, industrie…). En France, ces conclusions sont confirmées notamment par l’Académie des sciences.

Les conséquences planétaires du changement climatique

Nous faisons face à plusieurs dizaines d’années d’alertes et de mobilisations contre le modèle de développement destructeur de notre civilisation. Et pour cause, celui-ci est à l’origine d’un dérèglement qui se rapproche dangereusement de son irréversibilité. Cette crise planétaire se traduit notamment par une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes (tempêtes, cyclones, inondations, sécheresses), la disparition de la biodiversité (60 % des populations d’animaux sauvages disparues entre 1970 et 2014), la fonte des glaces, l’augmentation du niveau des océans et leur acidification (ce qui affecte les écosystèmes et la biodiversité, en accélérant d’autant plus le réchauffement climatique).

Le changement climatique et son impact social

On pourrait penser qu’une augmentation de quelques degrés des températures globales ait peu d’impact sur notre société. Et pourtant, le changement climatique a d’ores et déjà des conséquences sociales, notamment au niveau de la migration humaine. Les conditions de vie s’aggravent particulièrement dans les pays méridionaux (catastrophes naturelles, dégradation de l’environnement…), ce qui impacte considérablement les flux migratoires involontaires à travers le monde.

Le réchauffement climatique affecte aussi la santé humaine, favorisant le développement de nombreuses maladies (pathologies cardiovasculaires, infections, affections cutanées, cancers, problèmes nutritionnels, troubles psychiques, allergies etc.). Il impacte également la qualité de l’air et celle de l’eau, mais aussi l’agriculture. Il risque de contribuer à des profonds problèmes d’approvisionnement en nourriture et à une raréfaction des ressources.

D’autre part, le changement du climat pourrait accroître les inégalités sociales dans le monde, en commençant par défavoriser les pays du Sud dont la croissance sera gravement affectée. Ces iniquités se creuseront également au sein des pays occidentaux, incluant un accès inégal aux services de santé, à l’éducation et à l’emploi. Les aléas climatiques risquent d’aggraver de manière significative la vulnérabilité de vastes groupes de population.

Le dérèglement climatique met en péril notre sécurité

Le 15 janvier 2019, le Forum économique mondial a publié sa 14e édition du Rapport sur les risques mondiaux. Le changement climatique s’est retrouvé au cœur des résultats de cette enquête qui a été menée auprès de 1000 décideurs du secteur privé, public, universitaire et de la société civile, pour évaluer les risques auxquels notre monde est confronté. Sur les dix principaux risques, en termes d’impact, l’échec de l’atténuation du changement climatique et un manque d’adaptation sont en seconde place, juste derrière les armes de destruction massive. En troisième place viennent les crises de l’eau puis, les catastrophes naturelles, la perte de la biodiversité et l’effondrement de l’écosystème.

Politique et impact du réchauffement climatique sur l’économie

Selon une étude publiée le 23 février 2019 par l’IPPR (Institute for Public Policy Research), un think-tank londonien, les décideurs politiques ne reconnaissent pas suffisamment la menace portée par le changement climatique et savent encore moins y répondre. D’après les conclusions de l’étude, ce dérèglement pourrait être source de crises majeures pour l’humanité, entraînant « un processus d’effondrement soudain au cours duquel les chocs économiques, sociaux et politiques provoqueraient un effet domino au sein du système global ».

Selon ce rapport, des changements majeurs en termes de compréhension sont nécessaires d’un point de vue politique en ce qui concerne :

  • La dimension et la rapidité du changement climatique

  • Les implications pour les sociétés

  • La nécessité d’une transformation socioéconomique

« En raison de la grande complexité, de l’ampleur et de la nature systémique du problème, y répondre à ce stade de l’effondrement environnemental risque d’être le plus grand défi auquel l’Humanité ait été confrontée dans son histoire. »

Par ailleurs, d’après un rapport publié le 10 octobre 2018 par l’UNISDR (le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes), le coût des catastrophes liées au changement climatique a presque triplé durant ces vingt dernières années, atteignant un total de 2 908 milliards de dollars (plus de 2 500 milliards d’euros).

Agir pour le climat pourrait rapporter plus de 23 000 milliards d’euros d’ici 2030

Selon le rapport 2018 de la Commission mondiale sur l’économie et le climat, une réponse audacieuse à l’urgence climatique pourrait être source d’un minimum de 26 000 milliards de dollars (plus de 23 000 milliards d’euros) de bénéfices économiques d’ici 2030. Une telle action pourrait présenter de véritables avantages en matière de création d’emplois, d’opportunités de marché, de compétitivité, d’économies et d’amélioration du bien-être des populations du monde entier.

Le cinquième rapport du GIEC souligne toutefois un fait : il reste peu de temps pour agir pour que la hausse de la température moyenne reste inférieure à 2°C. C’est pourquoi des actions urgentes et ce, d’une ampleur sans précédent, sont nécessaires, notamment en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il est essentiel d’adapter notre mode de vie au développement durable tout en transformant profondément nos sociétés.

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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