Corticoïdes, un facteur de survie en cas de prématurité

Le taux de naissances prématurées était de 7,4 % en 2010 alors qu'il n'était que de 5,9 % en 1995.

Validé par le
comité médical

Publié le 28/08/2017
D'après une étude américaine parue dans The British Medical Journal, le recours aux corticoïdes chez la femme enceinte ayant un risque d'accouchement précoce permettrait de réduire les complications chez le nouveau-né grand prématuré et de diminuer le taux de mortalité de l'enfant.

La prise de corticoïdes en cas de risque d'accouchement prématuré fait partie des recommandations de l'OMS. Quelle utilité et dans quelle mesure ? C'est ce que c'est demandé une équipe de chercheurs américains. C'est pourquoi, entre 2009 et 2013, ils ont étudié les dossiers de près de 118 000 nouveaux-nés prématurés nés de 300 services néonataux américains de soins intensifs. Cette étude prospective de cohorte, leur a permis de déterminer que la prise de corticoïdes par les femmes enceintes ayant un fort risque d'accouchement prématuré améliore les chances de survie des prématurés et réduit les complications qu'ils pourraient rencontrer.

Prématurité, quelles causes ?

La naissance prématurée d'un enfant résulte de 50 % des cas d'une décision médicale et se fait par césarienne. L'objectif est alors de protéger la mère et/ou l'enfant. En effet, parfois, la vie de la mère et/ou de l'enfant peuvent être en danger. Les causes conduisant au déclenchement sont variables hypertension maternelle sévère (20 % des cas avant la 32ème semaine), pré-éclampsie, hémorragie chez la mère, retard de croissance très grave pour le fœtus …

Les 50 % restants résultent d'un déclenchement précoce spontané suite à des contractions précoces, rupture des membranes (spontanée ou résultat d'une infection). Les causes de ces déclenchements précoces spontanés sont difficilement identifiables.

Il existe aussi des facteurs de risques tels que le diabète gestationnel, une anomalie de l’utérus ou du placenta, le tabagisme, une grossesse multiple …

Les prématurés sont classés en 3 niveaux de prématurité :

  • Prématurité moyenne : entre la 32ème et la 36ème semaine d’aménorrhée révolue soit entre 7 et 8 mois,

  • Grande prématurité : entre la 28ème et la 32ème semaine d’aménorrhée soit entre 6 mois à 7 mois de grossesse,

  • Très grande prématurité : avant 28 semaines, soit avant 6 mois. A savoir qu’aucune survie en dessous de 23 semaines n’a été constatée.

Quel lien entre les corticoïdes et la prématurité ?

D'après l'étude publiée dans The British Medical Journal, les enfants prématurés nés entre la 23ème et la 34ème semaine auraient un risque moindre de complication et un taux de mortalité plus faible si leurs mères ont pris des corticoïdes.

Ces résultats ont été obtenus en comparant les données d'enfants prématurés ayant été exposés au corticoïdes in utero avec celles de nouveaux-nés prématurés dont les mères n'ont pas pris de corticoïdes pendant la grossesse.

De plus, les résultats de cette étude ont montré que le bénéfice étant d'autant plus important que l'enfant était très prématuré. Concrètement, les chercheurs ont constaté un bénéfices plus important pour les très grands prématurés.

Ces résultats peuvent s'expliquer en partie par le fait que la bétamethasone et la dexamethasone sont efficaces pour aider à la maturation pulmonaire fœtale.

POUR EN SAVOIR PLUS :

Le taux de naissances prématurées était de 7,4 % en 2010 alors qu'il n'était que de 5,9 % en 1995. On note donc une nette augmentation.

Une nouvelle étude sur la prématurité , appelée Epipage 2, a été lancée par l'INSERM. Pourquoi une nouvelle étude ? Parce que les innovations médicales et l'actualisation des pratiques médicales font que le contexte actuel n'est plus le même qu'au moment d'Epipage 1.

Pour aller plus loin