De nos jours, les discriminations et stigmatisations dirigées vers les personnes obèses ou en surpoids sont de plus en plus courantes. Cette grossophobie a de graves conséquences sur la vie quotidienne et la santé des personnes touchées.

Qu’est-ce que la grossophobie ?

La grossophobie correspond à une hostilité et un mépris envers les personnes en surpoids ou obèses. Elle se manifeste par des comportements discriminants à l’égard de ces individus qui souffrent souvent de rejet, de harcèlement moral et d’insultes. Ces stigmatisations entraînent généralement un sentiment d’auto-dévalorisation, de honte, d’embarras et de culpabilité chez les victimes. Cela est notamment dû aux préjugés émanant des grossophobes, selon lesquels une personne serait en surpoids parce qu’elle ne souhaite pas qu’il en soit autrement (paresse, goinfrerie…) alors que l’obésité est une maladie et non un choix.

Surpoids et obésité : quelques chiffres

Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), le nombre d’individus souffrant d’obésité est presque trois fois plus élevé qu’en 1975. En 2016, plus d’un tiers des personnes de plus de 18 ans étaient en surpoids et 13 % étaient obèses. La même année, 340 millions d’enfants et adolescents entre 5 et 19 ans étaient obèses ou en surpoids.

Selon une étude publiée en 2016 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire par l’Agence nationale de santé publique, en France, près d’une personne sur deux était en surpoids et un individu sur cinq souffrait d’obésité. Cela signifie que la moitié des Français est susceptibles d’être stigmatisés et discriminés en raison de leur poids.

Une dictature de la minceur omniprésente dans la société et les médias

De nos jours, l’apologie de la beauté et de la minceur représente une normalité inscrite dans notre société occidentale. Les médias sont les principaux véhiculeurs de cette image d’une soi-disant perfection, un idéal que beaucoup cherchent à atteindre coûte que coûte. Selon une enquête sociologique de l’Ined (Institut national d’études démographiques) sur les normes de minceur à travers le monde, l’idée du corps parfait varie selon les cultures et les sexes. Toutefois, dans les pays occidentaux, la minceur constitue la norme prédominante.  Notons par ailleurs qu'il existe une corrélation directe entre revenus, niveau d'études et poids : en France notamment, moins on appartient à une catégorie socio-professionnelle élevée, et plus on a de risques d'être obèse. Une alimentation saine et équilibrée, un accès facile aux activités sportives, sont des conditions essentielles pour se maintenir en forme, mais ne sont pas accessibles à tous, pour des raisons économiques.

Des régimes restrictifs pour échapper à la grossophobie

Cette pression sociale peut être source de graves restrictions alimentaires qui constituent véritable un danger pour la santé. Selon l’étude NutriNet-Santé lancée en 2009 par l’Inserm, l’Inra, le Cnam et l’Université Paris 13, 70 % des femmes et un peu plus de la moitié des hommes aimeraient peser moins. D’autre part, 39 % des hommes et 67 % des femmes qui désirent avoir un poids moins élevé ont déjà réalisé un régime au moins une fois dans leur vie.

Un rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) datant de 2010 a montré que les régimes amaigrissants restrictifs peuvent être sources de réels déséquilibres nutritionnels qui, à leur tour, peuvent induire des risques plus ou moins graves pour la santé (impact négatif sur les os ainsi que sur le fonctionnement du cœur et des reins, mais également des effets en matières de troubles du comportement alimentaire etc.).

Des troubles alimentaires dès le plus jeune âge

Selon les résultats d’une étude publiée en 2015 dans la revue médicale « International Journal of Eating Disorders », un tiers des fillettes de 5 ans s’imposent des restrictions alimentaires dans le but de rester minces. Cette envie de demeurer svelte est majoritairement liée à l’exposition aux médias et aux conversations avec les camarades concernant l’apparence physique.

En dépit d’une forte prévalence des troubles du comportement alimentaire (TCA) et de la mortalité et morbidité associées, ces pathologies sont encore à ce jour sous-diagnostiqués par les médecins pédiatres. Les enfants et les adolescents sont particulièrement touchés par ces problèmes et ont plus de risques de développer des complications sur le long terme, c’est pourquoi l’accent devrait être mis sur la prévention. Il est important d’identifier rapidement les TCA et d’aider les personnes qui en souffrent afin de réduire le risque de conséquences physiologiques chroniques.

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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