« Fumer en soirée, ce n’est pas fumer ». Qui n’a pas déjà entendu cette réponse à la question « Tiens, tu fumes toi maintenant ?! ». Or, le social smoking ou tabagisme occasionnel, c’est fumer et avec tous les risques que cela comporte.

Le social smoking est une tendance connue depuis quelques décennies. En se rapprochant pour certains de la consommation d’alcool lors d’un repas entre amis, il est alors perçu comme un moyen d’être intégré dans un groupe. Cependant, beaucoup de « social smokers » (fumeurs occasionnels) ressentent une dépendance à la cigarette bien que beaucoup affirment le contraire. La différence par rapport aux fumeurs dits « classiques » est que cette dépendance est intrinsèquement liée à une situation particulière comme le fait d’« être à une soirée » ou de « boire un verre à l’apéro ». En identifiant ces déclencheurs, un fumeur occasionnel a donc plus de chances d’arrêter définitivement de fumer car la sensation de manque est techniquement inexistante en dehors de ces moments spécifiques. Pour réussir, l’objectif étant de se focaliser sur autre chose quand l’occasion (soirée, apéro …) de fumer se présente.

D’autre part, le tabagisme occasionnel est une porte d’entrée importante vers le tabagisme classique mais l’inverse est rarement vrai. En effet, un fumeur ne pourra pas se transformer en fumeur occasionnel car il est trop dépendant à la nicotine pour avoir une consommation strictement contrôlée. Sa meilleure option s’il souhaite réduire sa consommation de cigarettes est donc l’arrêt définitif du tabac. L’additivité de la nicotine est également la raison pour laquelle un social smoker peut rapidement devenir un fumeur classique. Enfin, pour les anciens fumeurs, fumer une cigarette après plusieurs années réactive les récepteurs à la nicotine et donc conduit presque systématiquement à la rechute.

Si je fume occasionnellement, ce n’est pas risqué ? C’EST FAUX !

Depuis plusieurs années, les risques du tabagisme passif sont largement mis en lumière. En effet, le risque d’AVC est augmenté de 20 à 30% pour les fumeurs passifs. Croire que le tabagisme occasionnel est sans risque est donc un mirage ! En effet, la fumée de cigarette contient plus de 60 cancérigènes. Les risques en étant fumeur occasionnel sont donc bien présents. En ce qui concerne les risques de développer un cancer, notamment un cancer du poumon, ils sont proportionnels à la quantité de cigarettes fumées. On peut donc supposer qu’un fumeur occasionnel présente moins de risque qu’un fumeur classique. Cependant, certains social smokers fument de manière excessive lors des rares moments où ils fument. Le risque peut donc s’avérer très important. A l’inverse, dans le cas des maladies cardiovasculaires, être fumeur occasionnel est beaucoup plus risqué en comparaison de la quantité de cigarettes fumées. Enfin, des symptômes courants comme tousser ou être excessivement essoufflé se développent aussi en cas de social smoking. Les social smokerssont également plus sensibles aux AVC (accidents vasculaires cérébraux) qu’une personne non fumeuse.

CERTAINS EFFETS BÉNÉFIQUES APPARAISSENT TRÈS RAPIDEMENT APRÈS L’ARRÊT DU TABAC :

  • En 20 minutes, la pression artérielle retrouve son état normal, la fréquence cardiaque diminuent légèrement et le cœur est en meilleure forme. On note aussi un début de réchauffement des extrémités (mains et pieds).
  • En 8 heures, 50 % du monoxyde de carbone sanguin a été éliminé permettant une bonne oxygénation des cellules
  • En 1 journée, les risques d’infarctus sont moins importants, le mucus et les résidus de fumées commencent à être neutralisés. La nicotine a complètement disparue.
  • En 2 jours, l’odorat et le goût commencent à revenir car les terminaisons nerveuses responsables du goût commencent à être rétablies
  • En 3 jours, les poumons commencent à se dégager grâce à un début de relâchement des bronches. La respiration est facilitée ce qui donne un regain d’énergie.

POUR ALLER PLUS LOIN

La ministre de la Santé Marisol Touraine a demandé le triplement du forfait « Traitement par substituts nicotiniques » (TNS) à hauteur de 150 € par bénéficiaire de moins de 20 ans et de plus de 30 ans et par an à compter du 1er novembre 2016. Il est donc désormais équivalent à celui des femmes enceintes, des patients atteints d'ALD, des bénéficiaires CMUC et des jeunes ayant entre 20 et 30 ans.

Pour plus de détails, voir ci-dessous le tableau de la situation avant le 1er novembre 2016.

Pour aller plus loin