DMLA : des espoirs de traitement

La DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) est la première cause de malvoyance chez les individus âgés de plus de 50 ans dans les pays développés et la troisième cause d’handicap visuel dans le monde. La connaissance de la DMLA ainsi que sa prise en charge ne cessent d’évoluer. Pour cause, de récents progrès dans les domaines thérapeutiques, génétiques et diagnostiques. Cette recherche active maintient l’espoir d’une amélioration de l’acuité visuelle et d’une prise en charge précoce de cette pathologie.

La thérapie génique pour traiter la DMLA

La DMLA existe sous deux formes : sèche (atrophique) et humide (exsudative). La première se présente dans 85 % des cas et la seconde touche 15 % des individus sujets à cette pathologie. Les deux peuvent avoir pour conséquence une perte de la vision. La différence réside dans la rapidité d’évolution : la forme exsudative est brutale, pouvant faire perdre la vue en quelques mois, voire semaines, tandis que la forme atrophique nécessite plusieurs années pour atteindre ce stade. Les traitements se multiplient depuis les années 2000 pour la forme humide. Parmi eux, on retrouve les médicaments anti-angiogéniques (anti-VEGF) qui sont capables d’arrêter la prolifération excessive de nouveaux vaisseaux dans la rétine. Ceci permet de stopper la perte de vision chez plus de 90 % des patients et même de l’améliorer chez un malade sur trois. Cependant, ce traitement nécessite environ sept injections annuelles, ce qui est un véritable inconvénient. La thérapie génique a pour but de modifier l’ADN des cellules de la rétine en y transférant un gène codant pour un anti-VEGF grâce à un vecteur viral. Ceci permettrait à la rétine de produire un anti-VEGF de manière durable. Cependant, les risques d’une telle opération sont encore à évaluer.

Le traitement de la DMLA par la thérapie cellulaire

Pour la forme atrophique, les scientifiques misent sur la thérapie cellulaire. Celle-ci consiste en une implantation de cellules souches embryonnaires dans la rétine. L’objectif est de rétablir le stock de cellules fonctionnelles voire même arrêter le processus de dégénérescence par le biais de l’activité des nouvelles cellules. Le 28 mars 2017, des chercheurs ont réussi à transformer des cellules souches issues d’un donneur en cellules de rétine puis, à les transplanter chez un patient atteint de DMLA. L’intervention a eu lieu au Japon, dans le Centre de biologie du développement de l’institut Riken. Le patient était trop atteint pour espérer une guérison mais l’objectif de l’opération était de montrer que cette méthode n’entraîne pas de danger immédiat pour la santé. Cette transplantation a été un véritable bond en avant dans la recherche sur la thérapie cellulaire pour le traitement de la DMLA. La possibilité d’une greffe de cellules issues de donneurs est très encourageante pour les individus atteints de dégénérescence maculaire. A présent, l’équipe japonaise vise la création d’une banque de cellules iPS (cellules pluripotentes induites) pour le traitement de certaines maladies dont la DMLA. Les cellules IPS sont des cellules adultes – donc différenciées (ex. cellule de foie, de peau ou de cœur) – qui ont été reprogrammées génétiquement pour les rendre pluripotentes, c’est à dire capables de se multiplier à l’infini et de se différencier en différents types de cellules au même titre que les cellules souches embryonnaires

Une rétine artificielle pour les personnes atteintes de DMLA

Un autre espoir est d’actualité pour les individus atteints de DMLA : la rétine artificielle. Il s’agit d’implanter une puce électronique au niveau de la rétine afin de redonner au patient des sensations visuelles, voire même des images simples. Une caméra fixée sur des lunettes ou des cellules photosensibles permet à l’implant de recevoir une image. Des signaux électriques sont créés à partir des signaux lumineux puis sont transmis aux nerfs optiques. C’est le cerveau de l’individu qui décode alors l’image. Les scientifiques poursuivent la recherche afin d’améliorer les performances des systèmes mis en place ainsi que la perception visuelle des patients. 

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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