Une hépatite correspond à une inflammation aiguë ou chronique du foie. Causées principalement par des virus ou par des substances toxiques, les hépatites sont aujourd’hui un problème de santé publique majeur dans de nombreux pays.

Point sur les hépatites virales

Les hépatites virales ont pour cause une infection par un virus. Elles sont désignées par des lettres allant de A à G, selon la famille du virus à l’origine de la maladie. Chaque virus est différent de par sa période d’incubation, la gravité de l’hépatite qu’il engendre, le mode de transmission et de l’évolution de la pathologie. C’est pourquoi les mesures préventives et les traitements peuvent varier. Une hépatite virale aiguë correspond au contact initial du virus avec le corps. Les symptômes peuvent inclure fatigue, douleurs abdominales et jaunisse. La guérison se fait en l’espace de quelques semaines mais parfois, l’évolution de la maladie peut être mortelle ou créer une pathologie chronique.  Une hépatite virale chronique est une maladie qui subsiste, une demi-année après l’infection initiale. Les complications incluent cirrhose et cancer primitif du foie.

L’hépatite A

L’hépatite A est une maladie immunisante (ne peut être contractée qu’une fois) qui ne nécessite pas de traitement car elle guérit seule et ne peut pas évoluer vers une forme chronique. Elle se transmet de manière féco-orale (par le biais des mains, de la nourriture ou de l’eau contaminée par des matières fécales). Les symptômes sont une fatigue accentuée, un syndrome grippal, des douleurs abdominales et parfois une jaunisse. Un vaccin existe pour les personnes à risque et des mesures préventives permettent de réduire le danger de contracter cette maladie (lavage des mains et précautions alimentaires). L’hépatite A est plus courante dans les pays aux mauvaises conditions sanitaires. En Europe, le taux d’hépatites A reste faible.

L’hépatite B

Le VHB (virus de l’hépatite B) est très contagieux. Il se transmet par voie sanguine, sexuelle, ou de la mère à l’enfant lors d’une naissance. Les premiers symptômes de la maladie peuvent apparaître entre 1 et 6 mois après le contact initial du virus avec l’organisme.

Il est estimé qu’environ 257 millions de personnes sont atteintes du VHB. Près de 900 000 personnes sont décédées à cause de cette maladie en 2015, principalement à cause de la cirrhose ou du cancer du foie qu’elle peut entraîner.

L’hépatite B aiguë reste souvent asymptomatique, c’est dans seulement 40 % des cas que des symptômes tels qu’un syndrome grippal, des nausées et des vomissements, une fatigue, une perte d’appétit et des douleurs abdominales peuvent apparaître, s’accompagnant parfois d’une jaunisse et d’une coloration foncée de l’urine. Dans la grande majorité des cas, elle guérit en quelques semaines, sans traitement. Elle est aussi immunisante. Chez 5 à 10 % des individus adultes (90 % des nourrissons et 50 % des enfants de moins de 5 ans), elle peut devenir chronique et éventuellement évoluer vers une fibrose ou une cirrhose (voire un cancer du foie).

La vaccination reste le moyen le plus efficace pour se protéger du virus. En France, elle est obligatoire dès l’âge de 2 mois pour les nourrissons nés après le 1er janvier 2018. D’autres mesures préventives sont aussi à prendre en compte comme l’utilisation de préservatifs, le non partage d’objets d’hygiène et l’usage de matériel stérile lors de la réalisation de tatouages ou de piercings.

L’hépatite C

Le VHC (virus de l’hépatite C), se transmet principalement par voie sanguine. C’est un virus très fréquent qui touche 170 millions d’individus dans le monde (environ 3 % de la population mondiale) dont 71 millions qui sont porteurs chroniques de la maladie.

L’hépatite C cause environ 399 000 décès chaque année, généralement par cirrhose ou carcinome hépatocellulaire. La forme aiguë de la maladie est souvent asymptomatique (ou présente des signes tels qu’une forte fatigue, des douleurs abdominales et parfois une jaunisse) et 15 à 30 % des malades guérissent sans traitement dans les 6 mois suivant l’infection. Cependant, 70 à 85 % des individus évoluent vers la forme chronique de la maladie qui est à l’origine de fibroses hépatiques et parfois, d’une cirrhose. Plus de 95 % des personnes touchées par l’hépatite C guérissent grâce aux médicaments antiviraux. Toutefois, l’accès au diagnostic et au traitement reste insuffisant.

A ce jour, il n’y a pas de vaccin contre le VHC. Des mesures préventives existent telles que la stérilisation de matériels utilisés pour les soins médicaux et dentaires, une absence d’échange de matériel chez les toxicomanes, la stérilisation des outils utilisés pour les tatouages, piercings et séances d’acupuncture et un non partage d’objets d’hygiène personnels.

L’hépatite D

L’hépatite D est une maladie provoquée par un virus incomplet : l’agent delta. Celui-ci se transmet par voie sexuelle ou sanguine et ne peut atteindre que les personnes souffrant d’hépatite B. L’hépatite D devient souvent chronique (80 % des cas) et peut mener à une cirrhose. Elle est généralement traitée par interféron et il n’existe pas de vaccin contre l’agent delta, toutefois, celui contre le VHB offre une protection contre l’hépatite D.

L’hépatite E

Répandu dans les pays en voie de développement, le virus de l’hépatite E (VHE) est transmis par voie orofécale. Généralement aiguë et bénigne, l’hépatite E ne peut pas devenir chronique et présente des symptômes similaires à ceux des autres hépatites aiguës. Le VHE est particulièrement dangereux pour les femmes enceintes. La Chine est le seul pays où un vaccin (Hecolin) est utilisé contre ce virus. 

Hépatite F et G

L’existence virus de l’hépatite F reste aujourd’hui hypothétique. Le VHG (virus de l’hépatite G), quant à lui, nécessite encore que des études scientifiques soient réalisées pour répondre à un certain nombre de questions le concernant. Il se transmet principalement par voie sanguine.

Hépatites non virales

Une hépatite non virale correspond à une inflammation du foie qui peut être le résultat de l’ingestion de substances toxiques (alcool, drogues, médicaments) ou avoir une origine auto-immune. Les hépatites médicamenteuses ont une forte mortalité et peuvent être causées par des médicaments courants tels que le paracétamol (dont la dose journalière ne doit pas dépasser 3g). L’hépatite alcoolique, quant à elle, a pour origine une consommation régulière (parfois même sur une période courte) et excessive d’alcool. Le traitement consiste en l’arrêt de l’absorption d’alcool (autrement l’hépatite peut rapidement évoluer en cirrhose), des apports nutritionnels adaptés et une corticothérapie.

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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