Depuis plusieurs années, les immunothérapies témoignent de résultats encourageants dans le traitement de certains types de cancers. Des scientifiques ont récemment révélé un nouvel angle d’attaque grâce à monalizumab, un anticorps au fort potentiel face aux cellules tumorales.

L’immunothérapie : qu’est-ce que c’est ?

L’immunothérapie est un traitement contre le cancer qui consiste à utiliser notre propre système immunitaire pour se défendre face aux cellules tumorales. Méthode en pleine émergence, elle ne cesse d’évoluer au fil des recherches, les scientifiques essayant de trouver le moyen le plus efficace pour que les défenses de l’organisme s’attaquent aux cellules cancéreuses de manière optimale.

Notre système immunitaire se compose de cellules sécrétées par la moelle osseuse, destinées à protéger notre corps contre les agressions extérieures. Malheureusement, ces cellules sont souvent incapables d’identifier et d’éliminer les cellules cancéreuses. C’est là qu’intervient l’immunothérapie : l’objectif de ce type de traitement est de donner la capacité à notre système immunitaire de se défendre face à ces « intrus ».

Monalizumab : un anticorps médicamenteux très prometteur

Le potentiel de monalizumab a récemment été révélé par une équipe de chercheurs internationale dirigée par Eric Vivier, professeur d’Immunologie à Aix-Marseille Université. Ce traitement fait entrer en jeu un anticorps inhibiteur de point de contrôle immunitaire dont le but est de restaurer une réponse anti-tumorale des cellules immunitaires « tueuses de cancer ». Monalizumab améliorerait également l’efficacité des traitements immunothérapeutiques déjà existants. Dans certains cas, il aurait la capacité de stopper l’évolution de la pathologie et d’augmenter le taux de survie des patients.

L’anticorps anti-NKG2A stimule l’action immunitaire face aux cellules cancéreuses

Les travaux publiés en décembre 2018 dans la revue scientifique « Cell », mettent en lumière un intéressant mécanisme de cet anticorps médicamenteux. Celui-ci implique les lymphocytes NK  (« natural killer » : tueur naturel) et les lymphocytes T CD8 qui agissent directement contre les cellules cancéreuses. Ces deux types de globules blancs ont la capacité d’identifier les cellules infectées et de les éliminer. Ces cellules ont également une autre similitude : on retrouve la protéine NKG2A à leur surface qui réfrène leur action agressive.  Monalizumab, autrement dit, anticorps anti-NKG2A, permet de neutraliser ce point de contrôle afin d’optimiser l’action immunitaire des lymphocytes contre les cellules tumorales.

Des anticorps en synergie face au cancer

Des travaux réalisés sur des souris ont montré qu’une association du monalizumab avec une immunothérapie de 1ère génération permet d’optimiser les effets des deux traitements. L’anticorps anti-NKG2A permet de renforcer l’activité du durvalumab, un traitement qui cible d’autres points de contrôle (PD-1 et PD-L1).  Chez l’être humain, le monalizumab augmenterait l’action du cetuximab, un anticorps utilisé dans le traitement du cancer de la tête et du cou. La seconde phase d’un essai clinique a montré l’arrêt de l’évolution du cancer chez un quart des patients ayant bénéficié de l’association de ces deux anticorps.

Il faut toutefois garder à l’esprit que bien que les résultats de ces traitements soient spectaculaires, l’immunothérapie ne fonctionne pas pour tous les patients atteints du cancer. Des recherches plus poussées sont nécessaires pour améliorer cette efficacité.

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

Pour aller plus loin