On a est parfois tenté de consoler son enfant en lui donnant son plat préféré. C’est, malheureusement, une habitude qui peut avoir de lourdes conséquences.

Comprendre l’alimentation émotionnelle

L’alimentation émotionnelle correspond à une modification de la consommation alimentaire dans le but de satisfaire ses besoins émotionnels, plutôt que de répondre à une sensation de faim ou de satiété. Le fait de s’alimenter en recherche de réconfort est associé à la surconsommation, à l’obésité, au mal être psychique voire même une mauvaise santé mentale.

Une suralimentation ou une sous-alimentation en réponse aux émotions jouerait un rôle crucial dans l’apparition de troubles du comportement alimentaire tels que la boulimie ou l’anorexie mentale. Cette alimentation émotionnelle peut ainsi avoir des effets néfastes graves sur la santé et pourtant, de plus en plus de personnes y ont recours.

L’alimentation émotionnelle chez les enfants

Des chercheurs ont récemment publié une étude dans la revue médicale américaine, Pediatric Obesity, concernant le développement de l’alimentation émotionnelle dès l’enfance. Selon les auteurs de ces travaux, donner certains aliments aux enfants pour les réconforter peut créer un schéma dans lequel ils prendront l’habitude de manger en réponse à une émotion négative. Contrairement à ce que l’on pouvait croire auparavant, la génétique ne joue aucun rôle dans ces habitudes qui prennent bien leurs racines dans l’environnement familial.

L’environnement à la source de mauvaises habitudes alimentaires

Pour parvenir à ces conclusions, ils ont évalué le comportement alimentaire de 394 enfants âgés de 4 ans dont 50 % avaient des parents obèses et étaient donc plus exposés au risque d’obésité. Les parents de l’autre moitié avaient un Indice de Masse Corporelle (IMC) normal.

De précédentes études ont montré que certains enfants ont tendance à trop manger ou ne pas assez manger en réponse au stress, chose qui serait influencée par la nature et l’intensité du stress. D’après les résultats de l’étude publiée dans Pediatric Obesity, les deux comportements alimentaires sont assimilés dès l’enfance, l’environnement familial ayant l’effet le plus marqué. Les contributions génétiques se sont avérées minimes et non significatives.

En fin de compte, cette étude suggère que l’alimentation émotionnelle est une habitude apprise dans la petite enfance et non pas héritée. Des facteurs environnementaux communs, des stratégies alimentaires parentales telles que le réconfort alimentaire sont les facteurs clés de l’alimentation émotionnelle, indépendamment du risque héréditaire d’obésité. Il est ainsi conseillé aux parents de ne pas encourager les enfants à se réconforter grâce à la nourriture et à apprendre à gérer leurs émotions d’une manière plus saine (sports, jeux créatifs…).

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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