Les enfants

Dès les premiers âges, nos conditions d’existence vont avoir une influence sur la suite de notre vie. C’est ainsi, par exemple, que le déroulement de la grossesse mérite une attention toute particulière : la consommation de tabac, d’alcool, de drogues, ou même un stress excessif (de par les conditions de vie ou de travail de la future mère) ont un impact très négatif sur la santé physique et/ou psychologique de l’enfant.

Après la naissance, le contact physique (caresses, massages…) tout comme la qualité du « bain affectif » dans lequel il va grandir, semblent favoriser le développement harmonieux de l’enfant. Les recherches et les expériences qui vont dans ce sens sont nombreuses et très révélatrices. Les spécialistes du développement se sont ainsi rendu compte que les nouveau-nés ont terriblement besoin du contact de leurs semblables. Dans les orphelinats par exemple, les enfants qui se développent le mieux sont ceux qui bénéficient de soins corporels réguliers, comparés à ceux qui n’en reçoivent pas, même si leurs besoins physiologiques sont par ailleurs satisfaits.

D'autres expériences, notamment sur des bébés singes, ont montré que ces derniers avaient tendance à préférer une mère chaude et douce (en peluche), même si elle ne les nourrissait pas, par rapport à une mère qui leur donnait de la nourriture, mais qui était faite de métal, donc contre laquelle ils ne pouvaient pas se blottir confortablement ...

Les adolescents

A l’adolescence, les besoins exprimés -ou non- sont nombreux : besoin d’être reconnu dans ses aspirations, besoin de confiance et de liberté, besoin d’idéal et de justice, etc… Mais une autre question importante apparaît à cette période, qui, dans notre monde actuel, ne reçoit pas de réponse facile : quel avenir pour la génération future ?

En effet, si l’on n’y prend pas garde, les messages envoyés à nos « chères têtes blondes » sont plutôt négatifs : crise, chômage, violence individuelle ou sociale, détérioration de la planète et de ses ressources, morosité générale sont le lot quotidien des flashes d’actualité qui nous inondent en permanence de leur influence délétère…

Avec leur corollaire facile à comprendre : si le monde réel ne porte plus aucun espoir, il devient facile voire presque salutaire de fuir dans les paradis artificiels (la drogue sous toute ses formes), les émissions de téléréalité ou les jeux sur internet… mais malheureusement de passer ainsi à côté de sa vie !

Alors, comment porter un message d’espoir (qui fait vivre…) face à ce réel désenchanté ? Il s’agit bien d’un défi majeur que les adultes ont à relever, pour tenir compte de la réalité, mais en faisant comprendre à nos jeunes qu’il est possible, malgré tout, de se construire une vie qui ait du sens et donne envie d’aller de l’avant.

Les femmes

Pour la femme, dans notre monde actuel, les exigences sont nombreuses et quasiment inconciliables : comment réaliser la synthèse entre réussir professionnellement, être une bonne mère et s’épanouir en tant que femme (voire en tant qu’amante idéale, puisque cela fait également partie de ce que l’on attend d’elles aujourd’hui) ?

S’assumer financièrement est devenu un enjeu qui doit lui permettre d’assurer sa sécurité et son autonomie. Ce qui est une vraie nécessité, aussi longtemps que le rôle de mère ne sera pas reconnu en tant que tel et obligera les femmes, pour le remplir sereinement, à se reposer sur un partenaire ou un conjoint assumant les contingences matérielles. En effet, assumer ce rôle de mère (ou de père) équivaut presque à exercer un métier à plein temps. Et quel temps, justement, reste-t-il alors pour vivre sa vie professionnelle et sa vie de femme ?

Ce qui semble être, ainsi posé, une équation insoluble, demande de prendre le temps d’y réfléchir sérieusement. En effet cette question n’offre pas de réponse facile, notamment parce que tout va dépendre des situations et des aspirations de chacun(e). Pourtant, les femmes aujourd’hui ne peuvent faire l’impasse sur cette réflexion, tant elle conditionne leur quotidien sur le long terme : elles doivent prendre le temps de faire le point sur leurs vraies priorités dans la vie, car c’est la seule façon de sortir de l’obligation de tout réussir en même temps et de tout réussir parfaitement bien…

Les hommes

La « crise de la quarantaine » vient marquer le besoin de réalisation personnelle au détriment de la seule sécurité matérielle. Sortir du « métro-boulot-dodo », qui nous enferme dans une façon de vivre insatisfaisante (parce qu’elle ne permet pas la réalisation d’objectifs plus élevés), se résout, en tout cas quand c’est possible, souvent de la manière la plus désastreuse : en nous amenant à tout remettre en question, voire en quittant tout pour repartir de zéro…

Il est donc important de pouvoir y réfléchir à l’avance (même si, comme le dit le proverbe, « mieux vaut tard que jamais… »), afin de ne pas avoir, en plus, à faire face aux conséquences de nos « choix » initiaux, parfois imposés par la famille ou la société.

Les seniors

Nombreux sont les témoignages de ceux qui disent redouter le moment d’arrêter de travailler : comment faire face au vide résultant tout à coup du passage à la retraite ? Comment occuper de manière satisfaisante ces cinq jours par semaine auparavant dévolus à notre travail ? C’est ainsi que de plus en plus de formations, d’accompagnements ou de coaching en entreprise visent à aider les futurs retraités à bien préparer cette période de la vie.

La vraie difficulté provient, semble-t-il, du sentiment de ne plus être utile à la société, de ne plus remplir de fonction bien identifiée au sein du groupe humain. C’est ainsi que certaines études, concernant les populations vivant à Okinawa, ont fait apparaître l’importance de cette question-là.

Au départ, il s’agissait simplement de comprendre pourquoi dans certaines régions du monde, on trouvait une proportion très importante de centenaires, voire de super-centaines (110 ans et plus), vivant toujours en bonne santé. De nombreux paramètres ont été analysés, mais seulement deux d’entre eux sont apparus comme pouvant expliquer cette situation. En premier lieu, le rôle de l’alimentation a été mis en exergue (et nous savons tous aujourd’hui combien cette question est importante). Mais est apparu également le fait que, dans cette société fonctionnant encore sur un modèle assez « traditionnel », la personne âgée continuait, jusqu’à la fin de sa vie, à occuper un rôle, une fonction, dans la famille, le groupe et la société : tout se passe comme si se sentir utile jusqu’à la fin de ses jours contribuait à maintenir l’être humain en bonne santé…

Dans notre société occidentale, il est donc important, au-delà du plaisir d’avoir enfin le temps de s’occuper de soi et de profiter de la vie, de maintenir des activités qui permettent la transmission de savoir-faire ou de savoir-être, l’aide et l’accompagnement, que ce soit dans la famille, dans le monde professionnel (en partageant et en transmettant son expérience), ou par le biais d’associations. Les besoins étant nombreux, il est certainement possible pour chacun de trouver un cadre qui lui convienne et lui permette d’exercer ce genre d’activité…

Sites internet

maternage.free.fr/bebes_faim_amour.htm
okinawablog.fr/les-centenaires-dokinawa-solidarite-prevention-riz-vapeur/
www.agoravox.fr/actualites/sante/article/okinawa-les-secrets-du-record-18187

Articles

« A Theory of Human Motivation », Abraham Maslow
« L'accomplissement de soi : De la motivation à la plénitude », Abraham Maslow
« Devenir le meilleur de soi-même : Besoins fondamentaux, motivation et personnalité », Abraham Maslow

Livres

« Moi P, consonne indigo », MIR
« Adrien, ou la colère des bébés », Pr. Jean Pierre RELIER
« Imparfaits, libres et heureux », Christophe ANDRE
« Plaidoyer pour le bonheur », Matthieu RICARD
« Okinawa », Jean-Paul CURTAY

Pour aller plus loin