Les cancers du sein

L’essentiel sur les cancers du sein

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comité médical

Les cancers du sein sont fréquents, ils représentent la première cause de cancer chez les femmes et 54 000 nouveaux cas sont détectés chaque année.

Ces cancers sont liés à un dérèglement de certaines cellules qui se multiplient de façon incontrôlée dans le sein mais peuvent aussi se propager dans d’autres organes, on parle alors de métastases. Dans la majorité des cas, le développement d'un cancer du sein prend plusieurs mois, voire plusieurs années. C’est une maladie grave avec près de 12 000 décès chaque année mais heureusement il est possible d’en guérir : de manière générale, plus les cancers du sein sont détectés tôt et plus les chances de guérison sont importantes. Les études montrent la survie nette à 5 ans des femmes atteintes d’un cancer du sein est proche de 90%. Cela  dépend de plusieurs facteurs, dont l’âge, la taille et le type de la tumeur, le stade de la maladie (atteinte de la peau, nombre et situation des éventuels ganglions envahis, métastases dans d’autres organes),  ainsi la survie à 5 ans est de 99% pour un cancer du sein détecté à un stade précoce, elle est de 26% pour un cancer avec des métastases.

Les cancers du sein surviennent majoritairement chez les femmes de plus de 50 ans ne présentant pas de facteur de risque particulier. En effet, près de 80% des cancers du sein se développent après cet âge. Par ailleurs, certains traitements hormonaux de la ménopause, une puberté précoce, une ménopause tardive, l’âge de la première grossesse et la durée d’allaitement peuvent également avoir une influence sur l’apparition d’un cancer du sein, de même que la consommation d’alcool et de tabac, un surpoids ou encore pas ou peu d’activité physique.

Des antécédents personnels de maladies peuvent accroitre le risque de survenu de cancer. Ainsi les femmes qui ont eu déjà un cancer du sein, de l’ovaire ou de l’endomètre (corps de l’utérus) ou certaines affections du sein (hyperplasie atypique ou affection proliférative bénigne) ont un risque plus élevé de cancer du sein que les autres femmes au même âge. C’est également le cas des  personnes ayant été exposée aux radiations médicales avant l’âge de 30 ans, par exemple, les femmes qui ont eu des radiothérapies du thorax à haute dose pour le traitement d’un lymphome de Hodgkin. Enfin le fait d’avoir eu dans sa famille des cas de cancers du sein ou de l’ovaire peut augmenter le risque. Il peut même s’agir d’une prédisposition génétique susceptible de se transmettre d’une génération à une autre.

Pour une femme, la consultation avec son médecin traitant ou son gynécologue est le meilleur moyen d’évaluer son risque de cancer du sein. Cela permettra de déterminer le dépistage ou le suivi médical le plus adapté à sa situation (type d’examen, âge de début, fréquence).

Le dépistage permet de repérer une lésion avant l’apparition de symptômes. En France, comme dans 25 pays européens, pour les femmes de 50 ans jusqu’à 74 ans Il existe un programme de dépistage organisé. Il repose sur une mammographie (examen radiologique), associée à un examen clinique des seins tous les deux ans. Éventuellement, d’autres examens peuvent être nécessaires (par exemple, une échographie, une radiographie complémentaire). Il répond à des exigences de qualité strictes : contrôle régulier des appareils de mammographies, une seconde lecture systématique de tous les clichés jugés normaux, une formation spécifique des radiologues et des manipulateurs en radiologie qui participent à ce programme et une évaluation régulière permettant d’y apporter les évolutions nécessaires. Comme tout acte médical, le dépistage a des bénéfices mais aussi des limites. Il est important de s'informer avant de décider en connaissance de cause de réaliser un dépistage.

Certains symptômes  doivent conduire à consultez un professionnel de santé parce qu’ils sont parfois liés à un cancer du sein. Ainsi même si il est tout à fait normal que l’aspect des seins change au fil des années, il faut rester attentif à des modifications qui seraient inhabituelles et consulter si apparait une boule, une grosseur dans le sein ou sous un bras (aisselle); une modification de la peau : rétraction, rougeur, œdème ou aspect de peau d’orange; une modification du mamelon ou de l’aréole (zone qui entoure le mamelon) : rétraction, changement de coloration, suintement ou écoulement; des changements de forme des seins. En plus, pour toutes les femmes un examen clinique des seins tous les ans par un médecin est recommandé à partir de 25 ans.

Lorsqu'une anomalie est découverte dans le sein, plusieurs examens doivent être réalisés. C'est l'examen anatomopathologique des tissus prélevés au niveau de l'anomalie qui établit le diagnostic de cancer du sein. Différents types de traitements peuvent être alors être utilisés pour traiter un cancer du sein : la chirurgie, la radiothérapie, l'hormonothérapie, la chimiothérapie et les thérapies ciblées. Le choix des traitements est personnalisé et adapté à la situation de chaque malade. Plusieurs médecins de spécialités différentes se réunissent en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) pour discuter des meilleures solutions de traitements. Ils se fondent, pour cela, sur des recommandations de bonnes pratiques et proposent au malade une prise en charge. Cette dernière est globale, elle comprend tous les soins mais aussi les soutiens dont la personne peut avoir besoin dès le diagnostic, pendant et après les traitements (soutien psychologique, accompagnement social, prise en charge de la douleur, etc…).

AUTEUR :

Dr Nathalie Catajar, Responsable projet, Institut National du Cancer (INCa)

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