Laza est une femme d’une force et d’une générosité remarquables. Atteinte de drépanocytose, une maladie génétique du sang, elle a grandi avec la maladie et la certitude qu’avec le mental, elle pourrait toujours y arriver malgré les obstacles. Et elle en est la preuve ! Enseignante, elle s’investit pour aider ceux qui en ont besoin au travers plusieurs associations. Une très belle victoire pour celle qui a su transformer "cette colère contre la maladie en moteur pour réaliser de beaux projets”. “Ma combativité, je l’ai maintenant orientée vers des actions envers les autres.”

Un témoignage d’une belle énergie qui nous rappelle de toujours avoir foi en soi-même !

Bonjour, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Laza Berger, mariée, deux enfants et enseignante en sciences de gestion pour l’Education Nationale et dans une école d’ingénieurs. Je vis depuis ma naissance avec une maladie génétique du sang : la drépanocytose. C’est une maladie qui m’envoie aux urgences pour des transfusions sanguines et qui me fait vivre d’atroces douleurs soulagées parfois par de la morphine.
 

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre maladie, la drépanocytose ?

C’est une anomalie de l’hémoglobine qui entraine une anémie, des douleurs et des infections fréquentes. Lorsque les globules rouges manquent d’oxygène c’est-à-dire en cas d’efforts physiques, de stress ou encore en altitude, elles prennent la forme de faucilles et ont du mal à passer dans les veines. Cela crée des douleurs et peut entrainer des complications dans différents organes. Elle peut se manifester de façon sévère chez certains malades avec des AVC, des insuffisances rénales et des problèmes visuels et être plus clémente chez d’autres. Les porteurs sains, eux, peuvent même ne pas savoir qu’ils ont le gène malade.  

C’est la maladie héréditaire la plus répandue dans le monde et en France avec environ 450 naissances par an mais cette pathologie n’est pas suffisamment connue.
 

Pouvez-vous nous raconter votre parcours avec cette maladie ?

Je suis née à Madagascar et on a découvert la maladie dès mes 3 mois. J’ai eu une enfance et adolescence heureuses malgré des passages fréquents à l’hôpital pour des transfusions sanguines et des crises vaso-occlusives douloureuses. Ce n’était pas facile mais j’ai été entourée par ma famille. Heureusement, j’étais une bonne élève malgré mes absences répétées en cours et je me raccrochais à mes réussites scolaires.

Après un baccalauréat scientifique, j’ai poursuivi des études en comptabilité, études que j’ai poursuivies à l’université Jean Moulin de Lyon III où j’ai obtenu un Doctorat en Sciences de Gestion en 2010. Ma recherche portait sur les femmes entrepreneures Malgaches. La même année, j’ai créé une association pour la promotion de l’éducation dans un petit village à Madagascar (Avenir Bevato) car ma thèse m’a fait découvrir des femmes qui, malgré des handicaps évidents, ont réussi à entreprendre. Je me suis dit que je devais mettre en place cette association que je voulais créer malgré ma pathologie chronique. Mon mari a décidé de me soutenir suivi par nos proches. Puis, j’ai passé le concours pour être fonctionnaire. Actuellement, je suis enseignante pour l’Education Nationale et dans une école d’ingénieurs tout en restant active dans le monde associatif. J’ai été secrétaire des classes en 7 de Meyzieu, je suis secrétaire d’un Rotary Club Lyon Rhône Amont, et je participe à une association à visée socio-culturelle franco-malgache sans délaisser l’association Avenir Bevato.
 

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