A quel rang se situe la France dans le classement des pays heureux ? Quel est l’impact de la société dans laquelle vous vivez sur votre niveau de bien-être subjectif ? Si les influences culturelles sont relativement limitées en ce qui concerne les traits de personnalité ou la façon dont se forment les relations intimes, ces influences contribuent bel et bien aux circonstances de la vie (selon que vous vivez dans une démocratie ou sous une dictature, dans un pays riche ou pauvre, etc.), mais elles peuvent aussi modifier votre point de vue (les fameux 40 %), ne serait-ce qu’à travers des pratiques culturelles communes, telle que l’éducation des enfants. Ce qui nous intéresse est donc de savoir ce que vivre en France vous apporte par rapport aux autres citoyens de l’Europe et du monde. Si l’on se réfère au sondage mondial de l’institut Gallup, le bonheur des Français se situe légèrement au-dessus de la moyenne, d’après l’énorme enquête réalisée dans pays. Cependant, selon l’Enquête sociale européenne, seuls 9 % de la population française définissent leur bonheur comme étant florissant, par comparaison à 33 % des Danois.

Si l’on ajoute à cela les résultats d’enquête de l’Eurobaromètre et ceux du « World Values Survey » (l’enquête mondiale sur les valeurs), le score de la France, ainsi que celui de l’Allemagne et de l’Italie, n’est pas très loin de celui de l’Europe de l’Est. Il est en tout cas nettement inférieur à celui auquel on s’attendrait, étant donné le PIB et le niveau de vie général du pays. Par ailleurs, si nous nous penchons sur le taux de dépression, le tableau s’assombrit encore. À en croire la recherche sur le sujet, la France se trouve au point culminant des représentations graphiques et accuse la plus grande consommation d’antidépresseurs de toute l’Europe.

Il y a plusieurs explications possibles à ce « paradoxe du malheur en France », notamment la hiérarchie sociale, la rigidité du système éducatif, l’insatisfaction publique, voire la colère contre l’état de l’économie et de la démocratie. De plus (et voilà qui ne surprendra plus personne), les Français sont les grands pessimistes de l’Europe et s’attendent, exactement comme leurs ancêtres les Gaulois dans Astérix, à ce que le ciel finisse par leur tomber sur la tête. C’est peu probable mais, sait-on jamais…

Sources

LIVRES : 

BONIWELL, I. Introduction à la psychologie positive, science de l’expérience optimale ;  Paris, Editions Payot & Rivages, 2012.

MARTIN-KRUMM, C. et BONIWELL, I. Pour des ados motivés, les apports de la psychologie positive, Odile Jacob, 2015.

S. DAVID,S. , BONIWELL, I., CONLEY, A. The Oxford Handbook of Happiness, Oxford, Oxford University Press, 2012.

LYUBOMIRSKY, S. The How of Happiness: A New Approach to Getting the Life You Want, Penguin Books 2008

SELIGMAN, M.  Flourish, a visionnary newunderstanding of hapiness and well being, 2012.

 

VIDEO :

The good life, Robert WALDINGER, Tedx

Ilona Boniwell

Professionnelle renommée en Psychologie Positive, à la direction de la société de conseil Positran qui œuvre à la transformation positive par la psychologie.

Professionnelle renommée en Psychologie Positive, à la direction de la société de conseil Positran qui œuvre à la transformation positive par la psychologie.

Saphia Larabi

Chargée de transformation, formation et communication, au sein de Positran.

Chargée de transformation, formation et communication, au sein de Positran.

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