La PrEP, ce traitement préventif contre le VIH en cas d’exposition sexuelle ou sanguine encore méconnu.

La PrEP, (Prophylaxie Pré-Exposition ou Pre-Exposure Prohylaxis en anglais), est une stratégie de réduction du risque de contracter le VIH grâce à la prise d’un médicament antirétroviral lors des rapports sexuels. Elle s’adresse aux personnes qui ne sont pas infectées par le VIH, qui n’utilisent pas systématiquement le préservatif lors de leurs rapports sexuels et qui sont à haut risque de contracter le virus. Cette stratégie s’accompagne d’un suivi renforcé et individualisé afin de s’assurer de l’efficacité et de la tolérance au traitement.

Un médicament disponible en France et qui a fait ses preuves

La PrEP est disponible en France depuis janvier 2016 mais cette pilule bleue doit être prescrite par un médecin puisqu'un suivi médical est nécessaire. Le médicament est commercialisé sous le nom de marque Truvada et remboursé en totalité par la Sécurité Sociale.  Entre le 1er janvier 2016 et le 31 juillet 2017, 5352 personnes ont débuté un traitement préventif PrEP.

Des résultats concluants ont été obtenus lors des essais Partners PrEP, de l'étude PROUD, ou encore au sein de la clinique Kaiser à San-Francisco. Ces études ont démontré l’intérêt de mettre en place une offre de PrEP intégrée à un dispositif complet d’accompagnement en santé sexuelle pour les personnes les plus exposées au risque de contracter le VIH. En effet, si le médicament est pris correctement, le risque de contamination par une personne séropositive non traitée est très faible.

D’autres résultats ont été présentés lors de la 22e Conférence internationale sur le VIH/sida à Amsterdam le 24 juillet 2018. Ils sont issus de l’étude « Prévenir » de l’ANRS (Agence Nationale de Recherche contre le Sida) menée entre mai 2017 et mai 2018 par le Pr Jean-Michel Molina, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Saint-Louis (Paris).

Le professeur et son équipe ont suivi 1 435 volontaires séronégatifs présentant un haut risque d’infection par le VIH.

« Ce sont des personnes qui ont entendu parler de l’étude, notamment via les associations, ou bien qui viennent en consultation dans les hôpitaux ou les cliniques de santé sexuelle afin de renouveler leur prescription de PrEP »

explique le Pr Molina. Les personnes volontaires étaient réparties en deux groupes : 44% prenaient la PrEP de façon quotidienne et 53% l’utilisaient à la demande lors des périodes d’activité sexuelle. À la fin de l’étude, il n’a été observé aucune infection du VIH dans les deux groupes. Toujours selon le Pr Molina,

« ces résultats permettent de confirmer la très bonne efficacité de la PrEP puisque l’on s’adresse à des personnes fortement exposées au risque d’infection par le VIH. Nous avons fait le calcul : sans PrEP, nous aurions eu entre 60 et 80 contaminations ».

La PrEP est un médicament qui a fait ses preuves puisqu’à San Francisco, le nombre de nouveaux cas de VIH a chuté de 49% entre la mise en place de la PrEP aux États-Unis en 2012 et l’année 2016.

La PrEP ne remplace pas un préservatif

Malgré ces bons résultats, il est important de souligner que la PrEP ne protège pas des autres infections sexuellement transmissibles comme la gonorrhée, les condylomes, la chlamydia, la syphilis ou les hépatites et qu’elle ne protège pas contre une grossesse non désirée.

Certains craignent que les campagnes de communication en faveur de la PrEP ne détournent les populations de l’utilisation du préservatif ou des autres moyens de contraception. Une crainte nuancée par le Pr Molina :

« L’augmentation des IST est une évolution attendue que nous avons d’ailleurs constatée. Mais notre objectif est d’arrêter l’épidémie de sida, même si c’est au prix d’un peu plus d’infections à Chlamydia et à gonocoque. Le sida est une maladie potentiellement mortelle dont on ne guérit pas alors que Chlamydia se soigne avec des antibiotiques .»

Il précise toutefois que les consultations régulières effectuées dans le cadre de la prise de PrEP permettent de mieux détecter les autres IST.

Aurélien Beaucamp ajoute de son côté que

« Le préservatif est le meilleur moyen de prévention mais on sait aussi que l’utiliser systématiquement n’est pas toujours possible. Par exemple, nous rencontrons régulièrement des personnes qui n’ont pas toujours un pouvoir sur leur prévention, c’est notamment le cas des travailleurs du sexe ».

Enfin, l’association Aides rappelle que de nombreux moyens de prévention peuvent être utilisés contre le VIH : des préservatifs internes et externes, des dépistages réguliers, le recours au TPE en cas d’urgence, etc. Tous ces moyens combinés forment ainsi ce que l’on appelle la prévention diversifiée.

Clément Kolodziejczak

Rédacteur Web Seo et Blogueur

Rédacteur Web Seo et Blogueur

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