En matière de lâcher prise, il y a autant de questions que de caractères mais nous en avons trouver 5 qui reviennent régulièrement et nous y avons apporter une réponse.

Quelles sont les conséquences du « non lâcher-prise » ?

Ne pas lâcher-prise peut entraîner le maintien d’une situation douloureuse ou insatisfaisante, alors même que l’on croit faire tout notre possible pour l’éviter.

En Asie du Sud-est on a coutume de piéger les singes en mettant dans un panier ayant une petite ouverture, une banane, une orange ou une autre friandise dont les singes raffolent. L’ensemble est solidement arrimé au sol ou dans un arbre. Le singe y introduit sa main pour attraper ce qui est à l’intérieur mais ne peut plus la retirer une fois fermée avec son contenu du fait de l’étroitesse de l’ouverture. Ne voulant pas lâcher ce qu’il a saisi il reste prisonnier et se fait capturer !

Le refus de lâcher prise peut porter sur ce que nous possédons – comme dans l’exemple ci-dessus – mais également sur ce que nous pensons ou ce que nous savons : nous nous crispons alors sur une idée, une croyance ou une représentation.

Par exemple nous pouvons être très attachés à la croyance « je dois être parfait » ou bien « je dois être fort », et payer cher le prix de cette crispation.

Le lâcher-prise est-il un obstacle à l’action ?

Lorsque nous lâchons prise, l’énergie qui était mobilisée par la crispation redevient disponible pour une meilleure analyse de la situation rencontrée, et une capacité à nous mobiliser de façon plus efficace.

Même si on les croit endormis, les chats sont toujours parfaitement conscients de tout ce qui se passe dans leur environnement proche. Au moindre pépiement d’un oiseau, au bruit d’une souris ou d’un événement susceptible de les menacer, ils sont capables de bondir en un clin d’œil sur leur proie, ou hors d’atteinte du danger.

De plus, si la proie leur échappe, ils ne montrent aucun attachement pour ce qu’ils auraient pu obtenir et qu’ils ont raté et retournent à leur apparente immobilité.

Le chat, absorbé par l’instant présent et ouvert à son environnement, réalise l’équilibre entre la décontraction et la vigilance, équilibre que nous pouvons obtenir en bénéfice du lâcher prise.

Par ailleurs, la rapidité avec laquelle il se rend disponible à l’instant présent, confiant dans l’éventualité de nouvelles opportunités, illustre que lorsque nous sommes capables de ne pas nous crisper sur nos déconvenues, nos petits échecs ou nos expériences désagréables, nous nous préparons de manière beaucoup plus rationnelle à la prochaine action que la vie nous demande.

Qu’est qui nous empêche de lâcher prise ? Pourquoi est-ce ci difficile ?

Il peut nous sembler difficile de lâcher prise et cela d’autant plus que nous avons pris l’habitude, au contraire, de développer la volonté consciente, l’effort acharné, la maîtrise de soi, le contrôle de notre vie, le perfectionnisme en toute chose.

Lorsque nous voulons, par exemple, contrôler à tout prix la part d’impondérable, d’impromptu dans notre vie, nous générons par nous-mêmes de la tension ou de l’angoisse, ponctuelles ou permanentes.

La première fois que nous sommes amenés à lâcher prise sur une croyance, ou face une situation, cela peut être une épreuve.

L’expérience positive du lâcher prise – détente, joie, conscience que rien de grave ne nous est arrivé, voire même au contraire bénéfice positif obtenu – nous permet de renforcer petit à petit notre confiance en nous-même et en la vie, et nous aide à aller encore plus loin dans « l’abandon ».

En quoi le lâcher prise peut-il aussi être considéré comme une action ?

L’attitude de lâcher prise, qui consiste à admettre ce que nous rencontrons spontanément dans la vie et à accueillir les imprévus de l’existence, nous incite à nous impliquer entièrement et à avoir une attitude responsable de sa vie.

Dans les cas concrets de la vie quotidienne, par exemple les situations de recherche de bénéfices sur le plan relationnel, l’attitude d’ouverture aux différentes options et à la résolution d’un problème nécessite un véritable engagement.

Si j'accepte de lâcher sur l'heure de fin de sortie de mon adolescent ou sur son week-end avec des amis, je peux en contrepartie négocier un engagement de sa part sur la réalisation d’une tâche domestique.

De ma part, cette tolérance sur l’horaire contrebalancée par mon exigence sur la participation à la vie familiale, est le résultat d’un engagement tourné vers la recherche de moyens pour atteindre l’objectif qui est important pour moi, pour lui, pour nous : la qualité de notre relation.

Dans cette situation, je « lâche » d’un côté (je réalise un compromis), pour poser une exigence par ailleurs.

La pratique de disciplines qui s’appuient sur le lâcher prise nous éclaire aussi sur cette question.

Lors de la pratique du tir à l’arc, par exemple, où il s’agit de viser pour atteindre la cible, pas de risque de confondre le lâcher prise avec un « laisser aller » paresseux. Pour réussir son tir, il faut maintenir la bonne posture ainsi que la bonne concentration !

Savons-nous tous lâcher prise ?

Oui : nous le faisons tous les soirs lorsque nous glissons dans le sommeil! Même si la ronde des pensées peut nous maintenir éveillé un certain temps, il arrive un moment où nous lâchons, et acceptons de nous laisser aller, de lâcher-prise.

Les parents qui ont connu l’expérience de laisser leur enfant pour la première fois à l’école ou à la crèche connaissent bien ce geste intérieur par lequel nous finissons par accepter de faire confiance, par lequel nous lâchons prise sur la croyance que nous sommes indispensables.

Par ailleurs, nous sommes tous parfois confrontés à des tâches qui exigent de notre part une grande concentration. Dans ces situations, nous avons développé des réflexes, des pratiques qui nous permettent de nous focaliser sur le moment présent sans laisser nos pensées nous envahir.

Quelles sont les conséquences sur notre santé ?

Le fait de ne pas lâcher prise peut conduire à une déperdition considérable d’énergie. Notre corps physique se raidit et se contracte en raison de la résistance que nous opposons à la situation. La cause des tensions n’est pas la situation, mais la résistance que nous développons.

Épaules relevées et crispées en permanence, démarche raide, mâchoire contractée, sourcils froncés, respiration contrainte, lèvres pincées ou même certains troubles oculaires peuvent correspondre à une attitude intérieure de non lâcher-prise, de peur devant ce qui pourrait nous arriver physiquement ou émotionnellement. En agissant sur l’acceptation de la situation, nous agissons par contrecoup sur les tensions physiques inutiles, qui peuvent alors s’atténuer, voire disparaître.

Sources

  • Manuel de lâcher prise – Paul Henri Pion
  • Petit traité de vie intérieure– Frédéric Lenoir
  • Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc - Eugen Herrigel
  • La sérénité de l’instant présent  - Thich Nhat Hanh
  • Bien être au quotidien – Erik Pigani – Flavia Mazelin Salvi
  • Zen ! La méditation pour les nuls – Stephan Bodian – first Edition
  • Un grain de sagesse - Arnaud Desjardins
  • Le pouvoir du moment présent - Eckart Tolle

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