Pour la deuxième année consécutive, le Baromètre Confiance et Bien-être de la mutualité belge Solidaris a été mené conjointement avec MGEN. Cette seconde étude franco-belge permet donc une comparaison entre Belges et Français doublée d’une visualisation de l’évolution des indices entre 2016 et 2017.

Les résultats du baromètre

Dans l’ensemble, Belges comme Français sont relativement satisfaits de leur vie (indice global : 54,5 et 60,1 sur 100) cette année. On note par ailleurs quelques différences par rapport à 2016 (indice global : 56,3 et 56,5 sur 100). L’an dernier, tous deux étaient très inquiets pour leurs proches, un élément qui revient cette année en étant notamment incarnée par les enfants et les petits enfants ainsi que sur l’évolution de leur société (gouvernement pas la finance, fortes inégalités et encore un long chemin en matière de droits des femmes), et plus largement du monde – 81,6% (contre 91,6 % en 2016) des Français pensent que la mondialisation profite aux riches aux détriments des pauvres, plus de 8 Français sur 10 s’inquiètent de la dégradation de l’environnement et plus de  36,6 % (contre 41,2 % en 2016) ne se sentent pas en sécurité. On note ainsi une confiance qui remonte en ce qui concerne la mondialisation et la sécurité des personnes et des biens. Comme en 2016 les Belges comme les Français se reposent sur leurs proches pour avancer et améliorer leur qualité de vie (conjoint : 88,8 % – famille : 83,3 % – amis : 85,6 %) ce qui est proche des valeurs de 2016 (conjoint : 89,9 % – famille : 85,7 % – amis : 81,5 %) mais avec une légère inversion famille-amis. Nos proches sont donc toujours des « valeurs refuges ».

La confiance en l’Etat et la protection sociale semble remonter légèrement puisque 70,2 % des répondants (contre 74 % en 2016) pensent que l’Etat et la Sécurité sociale vont les protéger de moins en moins. La confiance dans les politiques cependant toujours aussi préoccupante : seulement 10,6 % pensent que les gouvernants politiques agissent vraiment pour améliorer leur qualité de vie (contre 15% en 2016). A noter que l'ensemble de ces résultats varient fortement en fonction des sexes, de l'activité professionnelle, du niveau d'étude ...

Santé psychique et physique

En 2016, il existait une différence de 3,3 points entre les hommes et les femmes en matière de santé psychique. L’écart se creuse encore davantage cette année puisqu’il atteint 4,2 points (femmes 65,2 % ; hommes 69,6 %). Sur le plan physique, les hommes et les femmes s’estiment physiquement en bonne santé (63,1 points), on note même une différence de 1 point en faveur des femmes (63, 6 contre 62,6 points pour les hommes).

Conditions objectives de vie

Avec un total de près de 58 points, la majeure partie des répondants semble satisfaite de ses conditions de vie tout comme l’an passé. Toutefois, l’écart entre femmes et hommes s’est accentué (2,8 points) en faveur des hommes, ces dames étant légèrement plus pessimistes. Il existe également des différences entre les types de « situations professionnelles » (actifs, retraités, chômeurs et étudiants). Ainsi, avec 19,4 points de plus, les étudiants semblent plus satisfaits que les chômeurs (73,1% contre 53,7% des belges).

Dans le champ de la santé, tout comme l’an dernier, Belges comme Français estiment que leur système est de grande qualité avec une légère différence positive côté belge ; et chacune des deux populations estime qu’il répond bien à leur besoin dans plus de 68 % des cas. Ils restent toutefois inquiets quant aux coûts de cette excellence. Ils pensent en effet que ces coûts peuvent être un frein à la qualité des soins. De plus, près de 70% des Français pensent que les inégalités d’accès à ces soins sont très importantes :

  • Localisation des lieux de soins : les ruraux sont à peine plus de 50 % à considérer qu’ils ont accès à suffisamment de praticiens pour assurer leurs besoins. En comparaison, plus de 57 % des semi-urbains et 77% des urbains sont satisfaits quant à la densité en professionnels de santé de lieu de vie.
  • Coûts : les soins dentaires et frais d’optiques sont régulièrement reportés car trop couteux (27,5% et 18 ,3% des cas) ce qui est moins fréquent pour une consultation en médecine générale (11,9 %) ou pour des dépenses pharmaceutiques sur prescription (13,4 %) mais cela est tout de même deux fois plus fréquent que l’an dernier.

De même, le délai entre la prise du rendez-vous et le moment où le praticien, notamment s’il est spécialisé (75,5 %), les reçoit est jugé beaucoup trop long.

Qualité du relationnel

De manière globale, le relationnel, que l’on soit homme ou femme, chômeur ou actif, diplômés ou non, est considéré de très bonne qualité avec un indice global de 69,5 points. On note donc une hausse de 7 points par rapport à 2016. Les moins satisfaits étant les chômeurs (65,5) et les plus satisfaits les étudiants (74,2). De même, le relationnel dans la sphère de proximité est très bon. Ainsi, près de 63% se reposent sur leur famille et les 71 % sont satisfaits de leur situation amoureuse et sentimentale. Ils sont même 66,8 % à avoir une sexualité épanouie. Enfin, côté travail, l’impression d’être reconnu et apprécié par les personnes avec lesquelles on travaille est généralement partagée puisque 82,9 % des Français et 71,2 % des Belges la ressente. De même, les relations avec les supérieurs semblent plaisantes pour trois Français sur quatre et les deux tiers des Belges.

Rapport à la société

A l’inverse, le rapport à la société est très mauvais car il avoisine globalement les 34 points seulement ce qui est à peine plus que l’an dernier (30 points). Cela montre donc une « défiance envers les institutions » (78,8 % pensent que les gouvernements politiques n’agissent pas vraiment pour améliorer la vie des gens) et une phase de « repli sur soi » selon Thierry Baudet mais cela n’empêche pas de tendre vers la solidarité via des « projets collectifs ».

Image de soi

En matière de perception de soi, des écarts importants apparaissent. Si l’on s’attache au niveau d’études, les personnes chômeurs et les retraités ont une image d’eux-mêmes plutôt faible ou négative (environ 53 points). Au contraire, les actifs (70,8) et les étudiants (74,2) ont une bonne image d’eux-mêmes. Par contre, l’écart entre les hommes et les femmes est relativement faible (2,3 points) légèrement plus important qu’en 2016 (1,5 points). Cependant, si les femmes avaient une meilleure image d’elles-mêmes en 2016 par rapport aux hommes, en 2017, la tendance s’est inversée sans pour autant qu’il y ait régression. En effet, on note une amélioration de 6,4 points pour les hommes et de 3,6 points chez les femmes.

En conclusion

Bien que la confiance et le bien-être de la population semble globalement bons, il reste, tout comme l’année passée, de nombreuses inégalités : entre les hommes et les femmes, entre les chômeurs et les actifs mais aussi en fonction du niveau d’études. Cela donne une impression de société figée qui, pour près de 40 % des répondants, ne leur permet pas à chacun de montrer ce dont il est capable. Une impression encore plus présente chez les personnes sans diplôme, puisqu'ils sont 55 % à le partager cet avis. A l’inverse les étudiants sont plutôt confiants (70 %). Par ailleurs, la perte de confiance dans l'Etat, les institutions, les politiques, les grandes entreprises ... et la confiance très forte accordée à son entourage proche (ami et famille) semble démontrer une tendance de renfermement sur soi, dans des valeurs refuges ... En effet, Belges comme Français classent les acteurs ou organisations structurelles (presse, religieuses, entreprises, banques, politiques) en dernière position quand il s’agit d’améliorer leur qualité de vie. A l’inverse, les acteurs proches et leur médecin généraliste sont perçus comme source d’amélioration dans plus de trois quarts des répondants. Cela s’explique par une baisse de confiance dans la capacité de l’Etat, des politiques et de la protection sociale à pouvoir nous protéger et faire bouger les choses (environ 1 personne sur 2). La Démocratie est désormais perçue comme peu efficace car à peine 30 % des Français et des Belges sont persuadés qu’elle fonctionne très bien. D’autre part, ils ne se sentent pas représentés au niveau européen et sont particulièrement attachés à leur nationalité belge ou française. A cela s’ajoute un sentiment de vulnérabilité à la mondialisation, et ce, malgré l’existence de l’Europe. A l’inverse, la confiance accordée à la sphère de proximité pour faire changer les choses est très importante. A noter que les mutuelles sont les entités qui semblent agir le plus pour améliorer la vie des citoyens (72,9 % des Belges et 59 % des Français). Ces chiffres montent respectivement à 82,3 % et 83,% quand il est question de la famille ou 86,9 % et 88,8 % dans le cas du conjoint.

Pour aller plus loin