Verre de thé avec feuilles de Ginkgo herbacée

Le ginkgo biloba et ses potentielles vertus pour la santé

Surnommé « Arbre aux quarante écus », le ginkgo biloba est un arbre resté longtemps méconnu du monde occidental. Ses ancêtres sont apparus il y a environ 300 millions d’années et c’est le premier arbre à avoir repoussé sur les ruines d’Hiroshima suite au bombardement atomique de 1945. Cependant, il n’y a pas que sa capacité de survie qui est surprenante : ses vertus médicinales n’ont pas fini de nous étonner.

Un peu d’histoire

Le ginkgo biloba est utilisé dans la médecine traditionnelle chinoise depuis l'Antiquité. Son usage est décrit dans le plus ancien traité de pharmacopée traditionnelle chinoise (Shennong bencao jing) qui date d’environ 2 600 ans avant notre ère. Le ginkgo est utilisé en Chine depuis des milliers d’années pour traiter de nombreux troubles tels que des infections des voies respiratoires, des troubles urinaires, des problèmes de cicatrisation, des troubles de la mémoire et de la concentration etc. Il a été introduit en Europe au 18ème siècle mais ce n’est qu’au milieu du 20ème que la médecine occidentale a commencé à se pencher sur ses vertus. Pour cause : son extraordinaire résistance aux stress environnementaux. En effet, en 1946, les premières verdures à renaître à Hiroshima provenaient de la repousse d’un ginkgo biloba qui avait été carbonisé un an auparavant lors du désastre nucléaire de la Seconde Guerre Mondiale. Suite à cela, des chercheurs allemands ont entrepris des études sur le potentiel thérapeutique d’un extrait de feuilles de ginkgo. Aujourd’hui, l’extrait EGb 761 fait partie des médicaments les plus prescrits en Allemagne. On l’utilise notamment pour traiter l’insuffisance circulatoire cérébrale qui se manifeste par des symptômes tels que les troubles de la concentration et de la mémoire, la dépression, l’anxiété, les étourdissements ou la confusion.

Point sur les propriétés du ginkgo

Le ginkgo biloba est reconnu pour ses vertus par des institutions telles que la Commission E et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La commission E a été créée par le gouvernement allemand dans le but d’évaluer les médicaments à base de plantes. Elle regroupe des experts en pharmacologie, en médecine, en phytothérapie et en toxicologie. L’OMS quant à elle, est une institution de l’ONU (Organisation des Nations Unies) spécialisée dans la santé publique. Ces deux associations reconnaissent l’extrait de feuilles de ginkgo comme traitement complémentaire pour faire face aux symptômes liés à la démence (troubles de la mémoire, déficit d’attention, dépression), qu’elle soit dégénérative ou vasculaire. L’usage du ginkgo est également reconnu par l’OMS et la Commission E comme traitement complémentaire de problèmes associés à la résistance vasculaire périphérique (dont la claudication intermittente). Les deux institutions reconnaissent aussi l’usage du ginkgo pour son effet positif face aux acouphènes d’origine vasculaire.

Ginkgo biloba : l’Arbre de vie

Notre organisme est quotidiennement agressé par des molécules potentiellement nocives, dérivées de l’oxygène : les radicaux libres. Les antioxydants de notre corps ont la capacité de contrôler ces molécules, voire de les détruire. Cependant, lorsqu’elles se retrouvent en excès dans l’organisme, celui-ci perd de sa capacité à se protéger. Ce phénomène, appelé « stress oxydatif » est la cause principale du vieillissement prématuré. Il joue également un rôle majeur dans l’apparition de maladies chroniques évolutives et de pathologies dégénératives. Pour aider l’organisme dans ses défenses, il est conseillé d’inclure une quantité élevée d’antioxydants dans son alimentation. Les feuilles du ginkgo biloba contiennent non seulement de la vitamine C, des acides organiques et des tanins, mais aussi des flavonoïdes qui luttent avec efficacité contre les radicaux libres. Grâce à ses propriétés antioxydantes, le ginkgo aurait des vertus neuroprotectrices, notamment contre les protéines β-amyloïdes. C’est pourquoi les recherches se poursuivent sur son rôle face à la maladie d’Alzheimer. Qui plus est, il serait utile comme adjuvant dans le traitement de la schizophrénie. Cet effet serait dû en partie au rôle antioxydant du ginkgo. En effet, la schizophrénie est associée notamment à des altérations de l’activité antioxydante du corps et le ginkgo pourrait normaliser ces changements.

Sources

Ginkgo biloba : le rescapé et son algue

La médecine traditionnelle chinoise au quotidien. Dr Daniel Scimeca et Shuai Zhang. 2014

The Whispering Leaves of the Hiroshima Ginkgo Trees

Herbal Medicines. Barnes Joan, Anderson A. Linda, Phillipson David J. 2002

La Technologie, science humaine: Recherches d'histoire et d'ethnologie des techniques. André-Georges Haudricourt. 1988

Expanded Commission E Monographs. Ginkgo. Commission E. 2000

WHO monographs on selected medicinal plants, vol. 1. Organisation mondiale de la Santé. 1999.

EGb 761 enhances adult hippocampal neurogenesis and phosphorylation of CREB in transgenic mouse model of Alzheimer's disease. Tchantchou F, Xu Y et al. FASEB J. 2007

Inhibition of amyloid-beta aggregation and caspase-3 activation by the Ginkgo biloba extract EGb761. Luo Y, Smith JV et al. Proc Natl Acad Sci U S A. 2002

Preconditioning with Ginkgo biloba (EGb 761®) provides neuroprotection through HO1 and CRMP2. Nada SE, Shah ZA. Neurobiol Dis. 2012

Ginkgo biloba

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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