Utilisé à l’échelle mondiale comme désherbant, le glyphosate est source de controverses quant à ses effets néfastes sur la santé humaine et sur l’environnement. Le point sur ce produit chimique largement utilisé dans les pesticides.

Des avis divergents quant à l’impact du glyphosate sur la santé

En mars 2015, le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer), agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé le glyphosate comme étant « probablement cancérigène » pour l’homme. D’autre part, la même année, l’AESA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a indiqué l’improbabilité d’un risque cancérogène du glyphosate pour l’humain. En mai 2016, l’OMS revient sur ses propos et déclare qu’il est peu probable que ce composé du Roundup soit source de cancer pour l’homme. L’intégrité scientifique de cette évaluation est rapidement remise en cause. Cependant, en 2017, l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques) décide de ne pas classer ce produit comme étant cancérogène.

Glyphosate : des risques bien réels

De nombreux chercheurs s’accordent sur le fait que les données scientifiques sont suffisantes pour témoigner de la cancérogénicité du glyphosate. Bien que les études concernant la toxicité de cette molécule pour l’homme soient, à ce jour, insuffisantes, il est clair que celle-ci représente des risques pour la santé humaine, tout comme pour l’environnement.  Qui plus est la toxicité des adjuvants contenus dans les pesticides ne fait qu’accroître celle du principe actif. Face à un grand nombre de divergences d’opinion, il est évident que des études plus approfondies sont à réaliser d’urgence.

Quel impact sur l’environnement ?

Pour faire court, le but du glyphosate est d’éliminer les mauvaises herbes. Cependant, son effet ne s’arrête pas là, il se dégrade facilement et est absorbé dans les sols en trouvant son chemin des tiges vers les racines. Il peut ainsi avoir un effet néfaste sur d’autres plantes, réduisant leur absorption de minéraux provenant du sol, affectant ainsi leur résistance aux maladies. D’autre part, plusieurs études ont montré que la toxicité du glyphosate touche d’autant plus la faune. De même, cette molécule possèderait des propriétés perturbatrices qui affectent les microbes du sol.

Tous contaminés par le glyphosate ?

En 2017, l’ONG Générations Futures a mené une enquête pour vérifier la présence du glyphosate dans notre quotidien. Trente échantillons d’urine de personnes âgées de 8 à 60 ans ont été analysés. Il a été constaté après examen des échantillons que chacun d’entre eux contenait du glyphosate. Cela voudrait-il dire que cet molécule est omniprésente dans notre environnement ? Au vu de ces résultats, Générations Futures a fait la demande d’un arrêt immédiat de la vente du glyphosate. Les échantillons d’urine présentaient une contamination moyenne de 1,25 µg/L, ce qui correspond à « 12,5 fois la concentration maximale admissible pour un pesticide dans l’eau » d’après l’ONG. Comble de l’ironie, ce sont les urines de Delphine Batho, l’ex-ministre de l’Ecologie qui ont montré le taux le plus élevé. Parallèlement, en dépit de ces faits alarmants,  l’Assemblée Nationale a de nouveau rejeté l’inscription dans la loi de l’interdiction du glyphosate ce 15 septembre 2018.   

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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