Le point sur l'herpès : les réflexes à avoir

Validé par le
comité médical

Avoir une poussée d'herpès est encore bien souvent un tabou. Il n'est donc pas toujours facile de savoir comment réagir, quels gestes ou réflexes adopter. Nous vous proposons donc quelques conseils pour soulager plus simplement la crise.

Comprendre

L'herpès est une maladie virale « dormante » qui peut être assez virulente, est extrêmement contagieuse et récidive plus ou moins fréquemment en fonction des personnes. Elle touche 20 % de la population française sexuellement active, et plus spécifiquement les jeunes entre 25 et 35 ans. La maladie existe sous deux formes : l'herpès labial (HV1), plus connu sous le terme de « bouton de fièvre », et l'herpès génital (HV2). Il se manifeste sous forme de crises passagères appelées « poussées ».

Repérer

Les signes d'alerte

Les poussées d'herpès se présentent sous la forme de petites cloques groupées en « bouquet ». Elles contiennent un liquide transparent et vont se transformer en ulcérations. La zone où apparaissent les cloques et la zone à proximité va être irritée, soumises à des démangeaisons, des picotements, des brûlures. Elle pourra aussi être douloureuse.

Les situations à risques

Il existe deux principales situations à risques :

  • La transmission du virus de la mère à l'enfant. Il s'agit d'une situation rare : 3 cas pour 100 000 (soit 20 cas par an en France)

  • La transmission entre partenaire sexuel suite à un contact avec le virus présent sur les lèvres, les fesses ou les parties génitales

Soigner

Les examens

Le diagnostic est posé par le médecin. Généralement un simple examen visuel suffira mais il peut parfois être nécessaire d'effectuer des prélèvements au niveau des vésicules pour confirmer le diagnostic, notamment pour l'herpès génital.

Le traitement

En cas de crise, votre médecin traitant est l'un de vos meilleurs alliés, et plus spécifiquement pour les premières crises. En effet, il pourra vous expliquer  les actions à effectuer et les précautions à prendre. Le protocole à suivre en cas de crise devra être appliqué à chaque poussée, et une visite chez le médecin ne sera pas nécessaire à chaque fois en cas d'herpès labial.

Le traitement de l'herpès se fait à l'aide d'un antiviral à base d'aciclovir ou de molécules apparentées comme le valaciclovir. Le traitement de l'herpès peut se faire par voie orale (comprimés). Dans le cas de l'herpès labial, il est également possible de compléter par un traitement (crème antivirale) et / ou une protection (patchs) cutanés. Ces antiviraux limitent la durée et la puissance des crises. De plus, ils peuvent réduire la fréquence entre chaque crise.

Le traitement ne permet cependant pas la guérison. En effet, le virus de l'herpès est un virus dormant et les antiviraux à base d'aciclovir ou molécules apparentées ne peuvent s'attaquer qu'à la partie éveillée du virus. Autrement dit, le virus se réveille en partie lors d'une « poussée » mais l'autre partie reste endormie.

Quand consulter ?

Dès que possible

  • Si le bouton de fièvre persiste au-delà de 10 jours
  • Si les crises deviennent plus fréquentes

Dans la journée

  • Le bouton de fièvre s'accompagne d'une forte fièvre
  • Le bouton de fièvre s'accompagne d'une douleur intense
  • Le bouton de fièvre s'accompagne d'une douleur oculaire ou d'une diminution de la vision d'un oeil (risque de kératite herpétique)
  • Si vous êtes immunodéprimé(e)

Prévention

Traitement de fond

Si les poussées sont trop fréquentes ( supérieures à 6 par an), le traitement pourra être pris en « traitement de fond » plutôt que ponctuellement. Cela renforcera son effet sur la fréquence des crises.

A faire et ne pas faire

A faire :

  • Je me lave les mains après chaque application de la crème pour ne pas contaminer une autre personne ou me contaminer à un autre endroit.
  • Je lis attentivement la notice de la crème antivirale car elle n'est pas nécessairement adaptées aux enfants
  • J'applique la crème antivirale sur et autour de la lésion
  • Je me protège du soleil car il peut être un déclencheur.

A éviter :

  • Je n'applique pas la crème antivirale dans la bouche ou dans l'oeil. Il ne faut pas non plus l'appliquer sur les parties génitales
  • La croûte qui apparaîtra après quelques jours est le signe de la cicatrisation. Elle ne doit pas être arrachée car cela retardera la fin de la crise.
  • L'alcool entretient le virus. Il ne faut donc pas désinfecter la lésion avec de l'alcool ou des produits de toilette alcoolisés.
  • Je ne masque pas avec des produits de maquillage couvrants (crème, fond de teint, rouge ou baume à lèvres …
  • Je n'utilise pas de crème à la cortisone
  • Je n'utilise pas de crème antibiotique : les antibiotiques s'attaquent aux bactéries, ils sont sans effet sur les virus.