Légumineuse riche en protéines, et prisée des végétariens, le soja permettrait de lutter contre les effets secondaires de la ménopause mais pourrait également perturber le système endocrinien et favoriser certains cancers. On fait le point.

Un aliment qui peut remplacer la viande

Consommé depuis des millénaires en Asie, le soja est de plus en plus présent en Europe. Très appréciée des végétariens, cette légumineuse est riche en protéines végétales et trouve sa place sur nos tables depuis que les habitudes alimentaires évoluent. On observe en effet une diminution de la consommation de viande chez de plus en plus de personnes et on trouve ainsi du soja sous différentes formes (tofu, steaks végétaux, desserts, jus…) car les graines de soja doivent impérativement subir une transformation préalable pour être consommées.

« La graine de soja est un des aliments les plus riches en protéines du monde végétal »

explique le Dr Corinne Chicheportiche-Ayache, médecin nutritionniste, dans une interview.

« En plus, ses protéines sont bien assimilées par l’organisme, et elles renferment les huit acides aminés essentiels dont on a besoin chaque jour. Il s’avère quasi incontournable quand on est végétarien car il permet de conserver de bons apports protéiniques sans augmenter outre mesure les apports en glucides et en calories, et il apporte des minéraux : fer, magnésium, calcium, potassium... ».

Par exemple, 100 grammes de tofu apportent 12 à 15 grammes de protéines de bonne valeur biologique, soit l’équivalent de 80 grammes de viande ou de poisson ou de 2 œufs.

Toujours dans le cadre de cette interview, le Dr Chicheportiche-Ayache voit ses propos confirmés par le Dr Jean-Michel Lecerf qui considère que

« Le soja constitue ponctuellement un substitut de choix à la viande, notamment rouge. »

Il ajoute que cette légumineuse serait aussi bénéfique contre les maladies cardiovasculaires :

« Les études épidémiologiques existantes indiquent que les personnes qui consomment du soja souffrent moins de maladies cardiovasculaires que le reste de la population, note Jean-Michel Lecerf. Mais pour l’instant, nous ne disposons pas de preuves formelles, juste un faisceau d’arguments en faveur d’un rôle protecteur. »

Une réduction des désagréments de la ménopause ?

Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Washington et du Fred Hutchinson Cancer Research Center (Seattle) a tenté de répondre à la question. Les résultats ont été publiés dans la revue Menopause de la North American Menopause Society et les recherches ont été dirigées par le Pr Katherine M. Newton auprès de 357 femmes âgées de 45 à 55 ans n’ayant pas recours à un traitement hormonal substitutif (THS). Chacune de ces femmes consommait des aliments à base de soja au minimum trois fois par semaine et devaient noter avec précision la fréquence et la sévérité de leurs bouffées de chaleur et de leurs épisodes de sueurs nocturnes. Pour compléter ces notes, des dosages d’urine avaient lieu afin d’analyser une possible relation entre ces manifestations et la production d’équol, un métabolite de l'isoflavone de soja produit par des bactéries intestinales. Les études ont mis en lumière qu’une femme sur trois est productrice d’équol et que parmi celles-ci les plus fortes consommatrices de soja ressentent moins les symptômes de la ménopause que les plus faibles consommatrices.

De leur côté, les femmes qui ne métabolisent pas en équol les isoflavones du soja voient cet apport nutritionnel n’avoir absolument aucun effet sur les bouffées de chaleurs et sueurs nocturnes liées à la ménopause.

Ces études ne permettent donc pas de tirer des conclusions solides puisque le soja aurait un effet bénéfique sur un des tiers des femmes seulement. Pour obtenir des réponses plus précises, il faudrait procéder à des études randomisées, c’est-à-dire des études où les participantes sont réparties de façon aléatoire dans le groupe témoin et le groupe expérimental, et ce à l’échelle mondiale.

Pour conclure, citons le Dr Laurent Chevallier qui a expliqué qu’il fallait

« Être prudent avec le soja. Si vous prenez du soja sous forme de complément alimentaire, on peut se trouver face à des doses problématiques. Le soja va se mettre sur les récepteurs alpha et vont mimer l'action des oestrogènes. Et on s'est aperçu que les récepteurs alpha qui étaient trop stimulés, pouvaient favoriser le cancer du sein. À certaines doses le soja pose problème. À des doses encore plus fortes, il inhibe les facteurs de croissance. »

Clément Kolodziejczak

Rédacteur Web Seo et Blogueur

Rédacteur Web Seo et Blogueur

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