Pour la première fois, des chercheurs ont étudié le lien neurophysiologique entre la respiration et l’attention. Le yoga et la méditation auraient ainsi de réels bénéfices pour notre cerveau.

Respiration et cognition : un lien étroit

Les bouddhistes et les yogis l’affirment depuis longtemps, les pratiques de respiration telles que le pranayama (discipline du souffle) ont de nombreux bienfaits sur la cognition, incluant une meilleure concentration, des émotions plus positives, une réactivité émotionnelle réduite et bien d’autres encore. Cependant, jusque-là, personne n’avait mis en évidence le lien neurophysiologique entre la respiration et la cognition.  Le 10 mai 2018, des chercheurs du Trinity College (la constituante de l’Université de Dublin) ont publié une étude qui pourrait confirmer les bénéfices sur le cerveau des exercices axés sur la respiration pratiqués lors de séances de méditation ou de yoga

L’implication de la noradrénaline

Cette nouvelle étude montre que la respiration a un effet direct sur la noradrénaline. Egalement appelée hormone du stress, cette dernière est un neurotransmetteur qui favorise notamment la vigilance, le sommeil et l’apprentissage. C’est un messager chimique qui est libéré lorsque nous sommes concentrés, émotionnellement stimulés ou lors d’une activité physique par exemple. Si cette hormone est produite en quantité adaptée, elle permet d’établir de nouvelles connexions dans le cerveau. La manière de respirer affecte ainsi la chimie du cerveau, permettant d’accroître sa santé et d’améliorer notre attention

Les chercheurs du Trinity College ont pu noter que les participants qui se concentraient mieux en effectuant une tâche qui demande beaucoup d’attention témoignaient d’une meilleure synchronisation entre leur respiration et leur attention par rapport à ceux ayant une faible concentration. Les auteurs de l’étude pensent ainsi qu’il serait possible d’utiliser des exercices de respiration dans le but de stabiliser l’attention et d’améliorer la santé du cerveau. Pour parvenir à ces conclusions, ils ont mesuré la respiration, le temps de réaction et l’activité cérébrale dans le locus coeruleus (zone du tronc cérébral dans laquelle est faite la synthèse de la noradrénaline).

Le parfait équilibre du niveau de noradrénaline

La noradrénaline a une action polyvalente dans le cerveau. En cas de grand stress, elle est produite en quantités trop élevées, ce qui empêche la concentration. L’état de léthargie au contraire, ne permet pas de produire suffisamment de cette hormone, ce qui empêche également la concentration. D’après Michael Melnychuk, principal auteur de l’étude et doctorant à l’Institut de Neurosciences du Trinity College, il existe un niveau précis de noradrénaline qui permet d’équilibrer nos émotions, nos pensées et notre mémoire. D’après les résultats de l’étude, en inspirant, l’activité du locus coeruleus augmente, tandis qu’en expirant, elle diminue. Cela veut dire que l’attention est influencée par le cycle respiratoire. De ce fait, en se concentrant sur la respiration et en la régulant, il serait possible d’optimiser l’attention.

L’étude publiée dans la revue scientifique Psychophysiology, nous offre ainsi une meilleure compréhension des mécanismes neurophysiologiques qui sont à la base des anciennes pratiques de méditation. Cela pourrait éventuellement représenter un nouvel espoir pour les personnes souffrant de TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention / Hyperactivité), de lésions cérébrales ou pour les personnes âgées qui présentent des déficits cognitifs.

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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