Les Français et les objets connectés : quels usages, quelles impressions ?

Une confiance et des usages qui varient en fonction des profils.

Publié le 30/08/2017
Les Ministères Sociaux et l'IFOP ont mené conjointement une étude sur les usages et les opinions des Français en matière d'objets connectés. Les résultats de cette étude ont été présentés à l'occasion de la Conférence Nationale de Santé (CNS).

L'étude a porté sur un échantillon de plus de 1000 personnes âgées de 16 ans et plus. Afin d'avoir un échantillon représentatif de la population française, l'étude a été conduite suivant la méthode des quotas avec une stratification par région et catégorie d'agglomération. Les données ont été recueillies par le biais d'interview d'une dizaine de questions.

En matière d'usages, on retrouve 3 catégories principales :

  • la mesure de l'activité physique (environ 50 % des répondants)
  • la surveillance de constantes corporelles (environ 40 % des répondants)
  • le maintien en bonne santé (environ 30 % des répondants)

Les 4 autres types d'usages évalués (partage avec le médecin, suivi de pathologie chronique, échanges avec les professionnels et structures de santé, santé mentale) sont à l'inverse peu utilisés.

Or, à peine 38 % des Français utilisent (13%) ou envisagent (25%) d'utiliser des objets connectés relatifs à leur état de santé.  A noter que 78 % des personnes ayant un objet connecté santé - bien-être l'utilise plusieurs fois par semaine, voire tous les jours. autrement dit, une partie de la population française est réellement convaincue de l'utilité des objets connectés pour prendre soin de sa santé. Côté applications, ils sont un peu plus nombreux car 23 % utiliser une application de santé ou de bien-être et 24 % souhaitant le faire. Les applications ont donc globalement une popularité (50 % des répondants environ) plus importante que les objets connectés. La fréquence d'utilisation est légèrement inférieure pour les applications avec seulement 72 % les utilisant plusieurs fois par semaine.

Il est donc intéressant de se demander quels sont les freins à l'utilisation d'objets connectés et d'applications santé / bien-être.

L'utilité perçue est au coeur de la réponse. En effet, près de 40 % des répondants ne perçoivent pas l'intérêt des applications et des objets connectés pour prendre soin de leur santé ou améliorer leur bien-être. D'autres mettent en avant leur manque de connaissances dans ce domaine (environ 25 %) et le refus de transmettre des données à caractère personnel (environ 15 %). En effet, la peur d'être sous surveillance est également un facteur important dans le choix de ne pas utiliser d'objets connectés et d'applications de type santé / bien-être. Un dernier frein a été étudié : le prix. Il s'avère que celui-ci arrive en 2ème position quand il est question d'objets connectés avec près de 20 % des répondants trouvant ce type de produits trop cher. Côté applis, ils sont encore 10 % à évoquer le prix trop élevé.

De fait, cela se ressent sur la confiance globale des Français dans les objets connectés et les applications de type santé / bien-être, avec une note d'à peine 5,2 sur 10. Toutefois cette valeur varie en fonction des profils interrogés :

  • Avec une note de 6, les jeunes de 16 à 25 ans et les ménages ayant des revenus supérieurs à 4000 € accordent une réelle confiance aux objets connectés et aux applications santé / bien-être. De même, avec une note de 7, les utilisateurs accordent une grande confiance dans ces outils.

  • À l'inverse, les CSP-, les personnes de plus de 50 ans et les ménages ayant des revenus inférieurs à 1000 € leur accordent une faible confiance avec une note de 5 environ. Les personnes ne possédant ni smartphone ni tablette, avec une note inférieur à 4, n'ont quant à elles aucune confiance dans les objets connectés et les applications santé / bien-être.

Pour pallier à ce manque de confiance, il semble que les pouvoirs publics aient un rôle à jouer. En effet, plus de 55 % des personnes interrogées pensent que l'encadrement de l'utilisation des données est essentiel et prioritaire. De même, 46% d'entre eux mettent la priorité à la création d'un label garantissant la qualité et la sécurité de ces outils.

En conclusion, le marché des objets connectés et des applications dédiés à la santé et au bien-être est en expansion mais beaucoup de Français sont encore frileux quand à leur utilisation, et ce pour diverses raisons. Cependant, il semble que la mise en place de certaines mesures par les pouvoirs publics pourrait apaiser les craintes de beaucoup, et donc les inciter à utiliser les outils outils mis à leur dispositions.

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