VIH / Sida : halte aux idées reçues !

Les questions que vous vous posez sur le VIH / Sida

Validé par le
comité médical

Quels sont les différents modes de transmission du VIH ?

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) peut se transmettre uniquement d’une personne à l’autre à travers le sang, le lait maternel, le sperme, le liquide séminal et les sécrétions vaginales.

 

La transmission par voie sexuelle

Le VIH peut être transmis lors de rapports sexuels et notamment lors de pénétrations vaginales ou anales.

Le risque de transmission est particulièrement élevé en cas de rapport anal en raison des microlésions que celui-ci peut occasionner. Il est aussi accru lorsque les rapports sexuels ont lieu pendant les règles ou que l’un des partenaires souffre déjà d’une infection sexuellement transmissible (IST).

 

La transmission par voie sanguine

Elle peut avoir lieu lors du partage d’une seringue et/ou de l’utilisation d’autre matériel d’injection contaminé. Elle peut également se produire, notamment chez les soignants, à l’occasion d’un contact accidentel (piqûre ou coupure) avec un objet contaminé. Toutefois, selon l’INSERM « les précautions universelles rendent le risque de transmission à des professionnels de santé extrêmement faible ».

 

La transmission de la mère à l’enfant

Une mère séropositive peut transmettre le VIH à son enfant durant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement. Toutefois, ce risque de transmission a considérablement baissé ces dernières années grâce notamment à la mise sous traitement antirétroviral de la future mère. 

 

Le cas des transfusions sanguines

Grande crise sanitaire française, l’affaire du sang contaminé a semé la peur et la colère dans tout le pays au milieu des années 1980. Toutefois, aujourd’hui, le risque de transmission du VIH par transfusion sanguine est quasiment nul.  En effet, depuis 1985, toute personne souhaitant effectuer un don de sang doit obligatoirement passer un entretien médical visant à déterminer si elle s’est déjà trouvée dans des situations à risque. Le sang collecté est également systémiquement testé afin de garantir la sécurité infectieuse du don réalisé.

Qu’est-ce qu’une trithérapie ?

Le traitement du VIH repose sur la prise de médicaments dits antirétroviraux ou ARV. Ils permettent d’abaisser la charge virale - c’est-à-dire la quantité de virus présent dans l’organisme - au point de la rendre indétectable et donc de limiter considérablement le risque de transmission du virus à une tierce personne.

Généralement, le traitement de référence repose sur l’association de trois médicaments antirétroviraux : c’est pour cette raison que l’on parle de trithérapie. Toutefois, il arrive que certaines personnes séropositives prennent deux, quatre ou cinq médicaments : on parle alors de bithérapie, de quadrithérapie ou de pentathérapie.

Peut-on guérir du VIH / Sida ?

Les traitements antirétroviraux bloquent la réplication du virus de l’immunodéficience humaine au sein de l’organisme et entraînent donc une remontée progressive du taux de lymphocytes CD4 ainsi qu’un renforcement de l’immunité.  Toutefois, s’ils permettent de contrôler l’infection par le VIH, ils ne peuvent pas, à ce jour, la guérir : une personne vivant avec le VIH doit donc poursuivre son traitement à vie.

Il est important de préciser que le degré d’efficacité du traitement dépend du stade auquel a lieu la première prise en charge. Selon l’INSERM, « lorsque le traitement est démarré suffisamment tôt et que le taux de CD4 est restauré, l’espérance de vie semble équivalente à celle de la population générale, dans la limite du recul dont disposent les experts ». À l’inverse, « un dépistage tardif, à un stade où le système immunitaire est déjà déprimé (taux de CD4<200 mm3), complique la prise en charge et la restauration immunitaire, avec un taux accru de mortalité pendant au moins quatre ans après la prise en charge ».

Comment se protéger du VIH ?

Éviter les pratiques à risque

Lors d’un rapport sexuel (pénétration vaginale ou anale, fellation, cunnilingus...) le préservatif masculin ou féminin est le seul moyen de se protéger du VIH/Sida et de l’ensemble des infections sexuellement transmissibles (IST) telles que la blennorragie, les chlamydioses, l’hépatite B, l’hépatite C, l’herpès génital, le papillomavirus ou encore la syphilis. Dans le cas d’une relation de couple, cette protection doit être maintenue tant que les deux partenaires n’ont pas réalisé un test de dépistage. 

Pour être efficace, le préservatif ne doit jamais avoir été utilisé. Il ne doit pas non plus être endommagé ou périmé.

Concernant le risque de transmission par voie sanguine, la prévention repose sur l’éviction des pratiques à risques telles que l’utilisation de matériel d’injection non stérile ou la réalisation de piercing ou de tatouages avec des aiguilles non stérilisées. 

Enfin, il est important de préciser que l’alcool et les drogues désinhibent, entraînent une baisse de la vigilance et favorisent de ce fait les comportements à risques (oubli de préservatif, relations sexuelles non désirées, utilisation d’une seringue non stérile…). Se protéger efficacement du VIH, c’est donc aussi savoir modérer sa consommation d’alcool et éviter certaines substances.

 

Zoom sur la PrEp

La PrEp ou prophylaxie pré-exposition est un traitement antirétroviral visant à réduire le risque de transmission chez une personne séronégative exposée à un risque de contamination important. Aujourd’hui, le seul médicament disponible pour la PrEp est le Truvada qui se compose de deux molécules empêchant l’infection des cellules par le VIH. Sa prescription à titre préventif a été autorisée en France en novembre 2015 dans le cadre d’une ATU (autorisation temporaire d’utilisation).

Toutefois, il ne s’adresse pas à tout le monde. En 2015, le groupe d’experts de la prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH, dirigé par le Professeur Philippe Morlat, a recommandé une prescription de la PrEp aux HSH (homme ayant des rapports sexuels avec des hommes)  « non infectés par le VIH rapportant des relations anales non protégées avec au moins deux partenaires sur une période de six mois ou ayant présenté plusieurs épisodes d’IST (syphilis, infections à Chlamydia, gonococcie ou primo-infection par les virus des hépatites B ou C) dans l’année ou ayant eu plusieurs recours à une prophylaxie antirétrovirale post-exposition dans l’année ou ayant l’habitude de consommer des substances psycho-actives lors des rapports sexuels ».

Il a également été recommandé « que les personnes transgenres ayant des relations sexuelles non protégées bénéficient de la prescription de PrEP selon les mêmes indications que chez les HSH ».      
Enfin, une prescription peut aussi être envisagée au cas par cas pour « les usagers de drogues intraveineuses avec partage de seringues, les personnes en situation de prostitution exposée à des rapports sexuels non protégés et les personnes en situation de vulnérabilité exposée à des rapports sexuels non protégés à haut risque de transmission du VIH ».

Léna Meynard

« Il faut, avec les mots de tout le monde, écrire comme personne » disait Colette.

Cette citation résume la ligne de conduite que Léna s'est fixée, il y a maintenant cinq ans, lorsque elle a choisi de faire de l'écriture son métier.

« Il faut, avec les mots de tout le monde, écrire comme personne » disait Colette.

Cette citation résume la ligne de conduite que Léna s'est fixée, il y a maintenant cinq ans, lorsque elle a choisi de faire de l'écriture son métier.

Professeur Yazdan Yazdanpanahn

Le professeur Yazdan Yazdanpanahn est le chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'Hôpital Bichat – Claude Bernard à Paris.

Maladies infectieuses et tropicales – Bichat

Le professeur Yazdan Yazdanpanahn est le chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'Hôpital Bichat – Claude Bernard à Paris.

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