En juin, la Fondation pour l’innovation politique, le Fonds Actions Addictions et la Fondation Gabriel Péri ont publié une vaste étude sur les addictions chez les jeunes. Celle-ci a notamment révélé que les 14-24 ans sont favorables à une combinaison d’interdictions et de régulations pour lutter contre les addictions et que parents et grand public approuvent la mise en place de nouvelles mesures.

Des jeunes en demande de liberté et d’autorité

Lorsqu’il s’agit de tester les mesures permettant de lutter contre les risques liés aux addictions, l’enquête réalisée par l’institut d’études Ipsos révèle que les jeunes sont à la fois en quête d’autorité et de liberté, ce qui fait écho à l’idée qu’ils ont de leur responsabilité. Par exemple, les 14-24 ans sont favorables à l’aggravation des peines frappant les débits et les commerces qui vendent de l’alcool à des mineurs. Toutefois, ils n’approuvent pas la mesure visant à interdire toute publicité bien qu’ils soient 67% à la juger efficace. Ce constat est le même pour le tabac : plus de deux tiers des jeunes jugent efficace l’interdiction de la cigarette dans tous les lieux publics mais une majorité s’oppose pourtant à la mise en place d’une telle mesure.

Parents et grand public réclament une politique ferme

Le questionnaire soumis aux parents d’enfants de 14 à 24 ans et au grand public a démontré que la population est clairement en faveur d’une politique ferme visant à protéger les jeunes des différentes formes d’addictions. Par exemple, une majorité des 2005 individus et des 402 parents interrogés s’est dite favorable à l’interdiction de toute publicité visant à faire la promotion de boissons alcoolisées. Pour le tabac, parents et grand public se montrent là encore plus fermes que les jeunes puisqu’une majorité d’entre eux se prononce aujourd’hui en faveur d’une interdiction de la cigarette dans tous les lieux publics.

Drogues : un positionnement difficile

Jeunes, parents et grand public se sont tous dit majoritairement favorables à l’aggravation des peines de prison pour les trafiquants et vendeurs de cannabis, d’ecstasy, de MDMA ou de GHB. Parallèlement, une majorité des parents et du grand public estime que l’autorisation de l’achat de cannabis dans des points de vente contrôlés par l’Etat pourrait représenter une mesure efficace pour lutter contre les addictions. Selon les auteurs de l’étude, ces deux affirmations contradictoires « semblent montrer, d’une part, une grande difficulté à se positionner du fait d’une présentation insuffisamment claire des enjeux et des conséquences de ces produits illicites et, d’autre part, la nécessité d’une poursuite du débat pour les clarifier ».

Porno, écrans, jeux d’argent : des mesures bien acceptées

Obliger les éditeurs de jeux vidéo à informer les utilisateurs toutes les heures du temps passé à jouer ? Voici une mesure à laquelle jeunes, parents et grand public se sont tous montrés majoritairement favorables. Sensibiliser les parents d’enfants mineurs sur la nécessité d’installer un contrôle parental pour la pornographie ? Là encore, la population française approuve. D’une manière générale, il y a une très bonne acceptation par la société des mesures visant à encadrer et protéger les jeunes - et plus particulièrement les mineurs - face aux réseaux sociaux, aux jeux vidéo, aux images pornographiques et aux jeux d’argent. Les auteurs de l’étude y voient là « une occasion à ne pas laisser passer pour le législateur »

Le remboursement des traitements plébiscité

Le remboursement intégral des traitements pour les personnes qui se soignent contre les addictions est largement approuvé par l’ensemble de la population française. Parmi les jeunes qui consomment des drogues au moins une fois par jour, ce taux d’approbation atteint d’ailleurs 100%. Si la responsabilité individuelle dans les consommations et comportements potentiellement addictifs est largement reconnue par tous, il semblerait que jeunes, parents et grand public établissent une différence entre, d’un côté, les consommations et les comportements à risque et, de l’autre, les addictions échappant peu à peu au contrôle des individus et identifiées alors comme des maladies, indépendantes de la volonté de ceux qu’elles touchent.

Léna Meynard

« Il faut, avec les mots de tout le monde, écrire comme personne » disait Colette.

Cette citation résume la ligne de conduite que Léna s'est fixée, il y a maintenant cinq ans, lorsque elle a choisi de faire de l'écriture son métier.

« Il faut, avec les mots de tout le monde, écrire comme personne » disait Colette.

Cette citation résume la ligne de conduite que Léna s'est fixée, il y a maintenant cinq ans, lorsque elle a choisi de faire de l'écriture son métier.

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