Depuis leur première utilisation au milieu du XXe siècle, ils ont permis d’énormes progrès dans le traitement des maladies infectieuses bactériennes, et ont contribué à sauver de nombreux patients. Pourtant aujourd’hui, en raison des mésusages liés aux idées reçues qui les entourent, les antibiotiques voient leur efficacité baisser : c’est l’antibiorésistance.

Si les antibiotiques permettent de lutter efficacement contre les maladies infectieuses bactériennes, leur efficacité peut être mise à mal s’ils ne sont pas utilisés correctement. En effet, un mauvais usage et une surconsommation favorisent l’antibiorésistance.  Les bactéries qui sont exposées aux antibiotiques, si elles ne sont pas complètement éliminées (par exemple lorsqu’un patient ne va pas jusqu’au bout de son traitement) évoluent et développent des mécanismes de défense. En 2015, la France se classait au 4e rang européen des pays consommant le plus d’antibiotiques en Europe. De plus, la consommation d’antibiotiques en santé humaine continue d’augmenter (+8.6% en ville entre 2006 et 2016).

 

On considère que l’antibiorésistance pourrait devenir l’une des premières causes de mortalité d’ici à 2050. Par exemple, la résistance de la bactérie Escherichia Coli aux céphalosporines de 3ème génération a été multipliée par 3 en ville et par 6 en établissement de santé. Certaines souches de bactéries deviennent même toto résistantes : cela signifie qu’elles résistent désormais à tous les antibiotiques existants. Une situation qui a de quoi nous alarmer.

 

Chacun, en tant que patient, peut adopter une conduite permettant de lutter contre l’antibiorésistance. Cela passe par un bon usage des antibiotiques, une bonne hygiène des mains, et la prévention des facteurs favorisant les infections. En prenant un antibiotique uniquement lorsque c’est nécessaire, on contribue à prévenir l’apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques.

 

En premier lieu, il faut savoir que les antibiotiques sont efficaces uniquement contre les bactéries, mais n’ont aucune efficacité contre les virus et les champignons. En conséquence, ils ne sont pas efficaces contre les rhumes, les rhinopharyngites, la grippe, la bronchite ou la plupart des angines. Ils ne permettent pas non plus de guérir plus vite de ces infections virales, qui guérissent naturellement en une à deux semaines. Généralement, le corps est en capacité de se défendre seul contre ces virus fréquents l’hiver. Par ailleurs, bien qu’efficace contre les infections bactériennes, ils ne peuvent pas soulager immédiatement les symptômes (fièvre, toux, maux de tête, troubles digestifs, courbatures). Il faut quelques jours aux antibiotiques pour être efficaces.

 

Il existe quelques règles simples mais importantes à appliquer lorsqu’on prend un antibiotique :

  • Ne jamais prendre d’antibiotique sans prescription médicale
  • Suivre scrupuleusement les indications de traitement : dose, fréquence, durée et heures de prise
  • Ne pas arrêter un traitement prématurément. En effet, aller mieux ne signifie pas que toutes les bactéries responsables de l’infection ont été éliminées. Celles qui restent peuvent alors développer une résistance contre cet antibiotique. Ce dernier n’aura alors plus d’effet lors d’une utilisation ultérieure
  • Ne pas réutiliser sans avis médical des antibiotiques entamés ou non utilisés lors d’un précédent traitement même si les symptômes semblent les mêmes ;
  • Ne pas donner son traitement à quelqu’un d’autre ;
  • Lire la notice pour vérifier les modalités d’utilisation et les précautions d’emploi, interroger son médecin ou son pharmacien en cas de doute ;
  • Rapporter à son pharmacien toutes les boîtes entamées ou non utilisées une fois le traitement terminé.

Sources

Pour aller plus loin