Médecines alternatives, douces, holistiques, parallèles, naturelles… tout autant de mots pour qualifier des pratiques de soins non conventionnelles qui connaissent un succès grandissant dans le milieu hospitalier. Mais que sont-elles et comment se protéger d’éventuels dangers associés ?

Médecines complémentaires/alternatives : que sont-elles ?

Les médecines alternatives ou complémentaires englobent de nombreuses pratiques de santé qui ne font pas partie de la médecine conventionnelle et dont l’intégration dans le système de santé prédominant n’est pas complète. Ces médecines « douces » n’ont pas recours à des médicaments ou molécules chimiques dans leurs pratiques de soins. On retrouve parmi elles l’ostéopathie, la chiropraxie, l’acupuncture, l’hypnose, la kinésiologie, la naturopathie, la phytothérapie, l’aromathérapie, l’homéopathie et bien d’autres encore. Elles viennent souvent en complément des soins conventionnels afin d’optimiser les effets de ceux-ci.

Bien que ces médecines attirent de plus en plus de personnes à travers le monde entier, une grande méfiance demeure à leur égard étant donné un manque fréquent d’encadrement pouvant donner lieu à des dérives qui ne sont pas anodines. Qui plus est, bien que de nombreuses études aient été réalisées sur divers types de médecines alternatives ou complémentaires, certaines pratiques manquent de validité scientifique et les effets indésirables restent souvent méconnus. C’est pourquoi un meilleur encadrement de ces soins et des études plus poussées sont aujourd’hui nécessaires afin de pouvoir profiter des bienfaits de ces médecines tout en limitant les risques associés.

Vous avez dit médecine complémentaire ?

De nos jours, de plus en plus de personnes se tournent vers les médecines complémentaires ou alternatives afin de répondre à des maux face auxquels les solutions proposées par la médecine conventionnelle ne sont pas suffisantes. En 2014, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a lancé un plan stratégique allant jusqu’en 2023, dans le but, notamment, de garantir le bon développement des médecines complémentaires. Celui-ci propose des mesures à adopter afin de garantir l’intégration de ce type de soins dans le système de santé. Parmi elles on retrouve :

  • Une étude de l’utilisation de la médecine traditionnelle et complémentaire, incluant les risques et les avantages selon la culture et l’histoire de chaque pays, en favorisant une meilleure évaluation du rôle et du potentiel de ces médecines
  • Une analyse des moyens destinés à la santé dans chaque pays (financements, ressources humaines)
  • Un renforcement ou une mise en place de l’intégralité des réglementations et politiques appropriées que l’on peut appliquer aux produits, aux pratiques et aux praticiens
  • Une promotion de l’accès équitable aux services de la santé et une intégration de la médecine traditionnelle et complémentaire dans le système national de santé (remboursements etc.)

Des soins non conventionnels en émergence exponentielle

Selon « l’Etat des lieux de l’ostéopathie et de la chiropraxie en Belgique » datant de 2010, plus d’un belge sur trois a déjà consulté un homéopathe, un acupuncteur, un ostéopathe ou un chiropracteur. En Australie, les praticiens de médecine alternative ont vu le nombre de leurs consultations augmenter de 30 % entre 1995 et 2005 selon une Enquête sanitaire nationale.

Face à un grand nombre de maladies auxquelles la médecine conventionnelle n’apporte pas suffisamment de réponses, de nombreux patients se tournent vers les médecines douces. Selon une étude publiée en 2012 dans le journal scientifique « Autoimmune Diseases », parmi les individus souffrant de sclérose en plaques, 41 % se tournent vers la médecine complémentaire en Espagne. Au Canada, ce taux s’élève à 70 % en en Australie, à 82 %.

D’après une étude datant de la même année, publiée dans la revue scientifique « European Journal of Health Economics », les personnes dont le médecin généraliste a suivi une formation additionnelle en médecine complémentaire, témoignent de dépenses de santé moindres et d’un taux de mortalité plus faible. Une diminution des coûts due à un nombre d’hospitalisations et de prescriptions de médicaments plus faible.

Cette nécessité de recourir à des médecines complémentaires peut varier selon les personnes et leurs propres besoins. D’après plusieurs études, les individus souffrant de maladies chroniques ont plus tendance à se tourner vers ce type de soins.

Que faire en cas de problème avec des soins non conventionnels ?

En cas de problème avec un praticien de soins non conventionnels, vous pouvez consulter votre médecin traitant. Il est également possible d’entamer une démarche de plainte. Si le traitement utilisé ne permet pas de voir d’amélioration ou si votre état s’aggrave, il est fortement recommandé de demander l’avis d’un médecin généraliste, voire se diriger vers un service d’urgence  (en particulier s’il s’agit d’une pathologie sévère).

D’autre part, si vous pensez avoir été victime d’une escroquerie, il vous est possible de contacter la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) ou bien, la DDPP (Direction départementale de la protection des populations).

Si une pratique de médecine non conventionnelle a été promue de manière mensongère, notamment si elle représente un danger, vous pouvez également le signaler à la DGCCRF, à la DDPP ou à l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé).

De même, il est possible d’effectuer une dénonciation sur le Portail de signalement officiel des contenus illicites de l’internet. Pour finir, vous pouvez aussi porter plainte auprès d’un commissariat de police, voire même du Procureur de la république via le site Service-Public.

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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