Antalgique le plus vendu en France, le paracétamol (ou acétaminophène) est considéré comme un indispensable de la trousse à pharmacie. Ce médicament est toutefois loin d’être anodin et peut se révéler très toxique pour le foie en cas de surdosage, même faible.

Paracétamol : un risque de toxicité pour le foie

De fortes doses de paracétamol sont très toxiques pour le foie et peuvent même être mortelles. Dépasser, même très légèrement, le dosage recommandé (3 g de paracétamol par jour chez l'adulte et l'enfant de plus de 50 kg) peut également avoir de graves conséquences sur la santé. 

En 2012, des chercheurs britanniques ont publié une étude sur l’hépato toxicité liée à un surdosage de paracétamol. 633 patients ont été hospitalisés en raison de graves lésions au foie dues à l’absorption d’acétaminophène.  Trois quarts des sujets avaient ingéré de très hautes doses de ce médicament. D’autre part, un quart des patients n’avait absorbé que des quantités à peine plus élevées que le dosage recommandé durant une semaine, dans le but de soulager des douleurs. Les scientifiques ont noté que des surdosages réguliers avaient de plus graves conséquences qu’une intoxication massive, à cause, notamment, d’un retard d’hospitalisation. 

Surdose de paracétamol : la France n’est pas épargnée

En France, depuis quelques années, le paracétamol représente la première cause d’hépatite aiguë grave, devant les virus de l’hépatite A et B. Le surdosage à l’acétaminophène est également la première cause d’indication de transplantation hépatique suite à une hépatite fulminante, d’après l’étude Salt publiée en 2015. Celle-ci a permis d’innocenter les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens), montrant que le paracétamol est à l’origine de plus de 90 % de surdosages qui conduisent à une greffe du foie. Il est également précisé que le risque hépatique lié à ce médicament ne se limite pas au surdosage. C’est pourquoi une amélioration de la connaissance de l’acétaminophène est aujourd’hui indispensable afin de pouvoir limiter les risques qui lui sont liés.  
 

Recommandations pour éviter la surdose de paracétamol

Face à ces faits inquiétants, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) a mis en place des recommandations pour un bon usage du paracétamol. Elle conseille d’ingérer la dose la plus faible, sur la durée la plus courte possible, le tout en respectant la dose maximale quotidienne autorisée ainsi que la durée de traitement conseillée. Il faut noter que bien que la dose maximale par jour soit de 3 grammes et exceptionnellement 4 grammes si la douleur est trop intense et seulement sur conseil du médecin, la quantité en une prise ne doit pas dépasser 1 gramme. Les prises doivent être espacées de 4 heures au minimum, même s’il est préférable d’attendre 6 à 8 heures. 

Il est important par ailleurs de savoir que la dose toxique frôle presque la dose thérapeutique. C’est pourquoi il est aussi essentiel de vérifier que les autres médicaments utilisés en même temps ne contiennent pas du paracétamol. 
Les populations à risque (poids inférieur à 50 kg, alcoolisme, insuffisance hépatique, insuffisance rénale…) doivent être d'autant plus vigilantes. Chez l'enfant par exemple, la posologie dépend du poids. Chez les insuffisants rénaux, un intervalle de 8 heures entre chaque prise doit être respecté scrupuleusement, et il ne faut jamais dépasser les 3 grammes par jour. 
Enfin, il est recommandé de déclarer tout effet indésirable sur le site : signalement-sante.gouv.fr.
 

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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