Alors que la pêche industrielle ne cesse de s’intensifier à travers le monde, elle est rapidement devenue synonyme d’affamement pour les oiseaux marins dont les populations connaissent un déclin exponentiel. De nombreuses espèces sont aujourd’hui menacées au profit de la consommation de masse.

La pêche intensive affame les oiseaux marins

C’est une étude datant de fin 2018 qui tire la sonnette d’alarme en cartographiant pour la première fois la concurrence entre les oiseaux de mer et la pêche industrielle dans le monde entre 1970 et 2010.  Les résultats obtenus par les chercheurs du CNRS, de l’Université d’Aberdeen (Ecosse) et de l’Université de Colombie Britannique (Canada) sont alarmants : la pêche industrielle diminue considérablement la quantité de nourriture disponible pour les oiseaux marins. Selon les calculs, sur la période étudiée, leur consommation globale a baissé de 19 % tandis que les volumes pêchés ont augmenté de 10 %.

70 % d’oiseaux marins en moins à cause de la surpêche

Les conclusions de l’étude sont très claires. La pêche est source de lourdes contraintes pour les populations d’oiseaux marins, et ce, à travers le monde entier. C’est une problématique qui nécessite une réponse urgente. Les oiseaux de mer représentent le groupe d’oiseaux le plus menacé avec un déclin de leur population de 70 % entre 1950 et 2010. Pourtant, la pêche ne cesse de s’intensifier et ce, dans près de la moitié des océans du monde.

La pêche industrielle : le fléau des océans

Selon une autre étude publiée en 2018, plus de la moitié des océans du monde (200 millions de km²) sont exploités par la pêche industrielle, ce qui représente une zone 4 fois plus grande que la superficie terrestre utilisée pour l’agriculture. D’après les auteurs des travaux, la pêche industrielle irait même jusqu’à concerner 73 % de la superficie des océans. D’autre part, selon un rapport de l’ONU (Organisation des Nations unies) de 2016 sur l’état des pêcheries et l’aquaculture dans le monde, près d’un tiers des stocks de poissons connaissent une surexploitation. Cela signifie que le prélèvement des espèces est plus rapide que leur reproduction.

Face à une demande toujours croissante des consommateurs, la surpêche entraîne ainsi peu à peu la disparition des oiseaux marins mais également celle des stocks de poisson. Selon des données de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer), moins de la moitié des poissons pêchés en France proviennent de stocks exploités de manière durable.

La pêche industrielle : une menace pour les écosystèmes marins

L’intensification de la pêche n’est pas sans conséquences pour les écosystèmes marins. Ce fait alarmant est parfaitement illustré dans un documentaire allemand diffusé sur Arte en 2015 : « Surpêche – la fin du poisson à foison »[1]. Celui-ci dénonce non seulement l’impact environnemental de la pêche intensive mais également une panoplie d’autres problèmes, notamment sociaux, qui lui sont liés. Les dangers de la pêche industrielle sont pourtant connus depuis longtemps. En effet, en 2006, une étude nord-américaine parlait déjà de l’effondrement des espèces de poisson et de fruits de mer d’ici 2048.

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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