C’est le nombre de médicaments essentiels qui sont actuellement en rupture de stock en France. Certains seront encore indisponibles pendant plusieurs mois.

Une pénurie inédite et de grande ampleur

Lundi 29 octobre, les malades de Parkinson demandait un « plan d’action urgent » dans une tribune relayée par Le Parisien. Le Sinemet, médicament de base dans le traitement de cette maladie, est introuvable en pharmacie. Il concerne 200 000 malades en France. C’est une situation inédite : il y a dix ans, le nombre de médicaments en rupture de stock était plus de dix fois inférieur.

En tout, ce sont 530 autres médicaments d’intérêt thérapeutique majeur qui sont actuellement en rupture de stock, alerte l’Agence nationale de la sécurité du médicament  et des produits de santé (ANSM).

Qu'est ce qu'un médicament d'intérêt thérapeutique majeur ?

Sont considérées comme d’intérêt thérapeutique majeur les médicaments dont

 

«l’indisponibilité transitoire, totale ou partielle, est susceptible d’entraîner un problème de santé publique (mise en jeu du pronostic vital, perte de chance importante pour les ­patients)».

Rupture d'approvisionnement : médicaments et conséquences

La rupture d’approvisionnement est actée lorsque qu’une pharmacie est dans l’incapacité de fournir le médicament au patient pendant une durée de plus de 72 heures.

 

Sont concernés des médicaments anticancéreux, comme l’Immucyst (utilisé contre le cancer de la vessie), des antibiotiques ou des vaccins comme le BCG.

 

Ces pénuries ont des conséquences extrêmement concrètes et préoccupantes pour les malades, puisque certains, fautes d’avoir accès à un traitement chimique, sont par exemple obligés de se faire retirer un organe. 600 malades ont dû se faire retirer la vessie entre 2012 et 2017. Quant à la rupture du BCG, elle pourrait avoir pour conséquence une recrudescence des cas de tuberculose chez les plus démunis.

 

Une production des médicaments délocalisée

Aujourd’hui, 70% des molécules principales sont fabriquées dans des laboratoires aux Etats-Unis ou en Asie. L’ANSM pointe, entre autre, des problèmes dans la chaîne de production de ces médicaments, des défauts de qualité des produits finis et des difficultés d’approvisionnement en matières premières.

 

Surtout, les fabricants produisent à flux tendu, dans l’optique maximiser leurs profits, ce qui les met ensuite dans une position de vendre au plus offrant. Par ailleurs, ces molécules essentielles ne sont pas considérées comme suffisamment rentables, ce qui peut amener les entreprises pharmaceutiques à arrêter leur production.

Ces délocalisations, guidées par les motivations financières des entreprises pharmaceutiques, mettent en péril d’indépendance sanitaire de la France. Dans un entretien accordé au Parisien lundi 29 octobre, Didier Robiliard, président de l’association France Parkinson, déplore le manque d’actions de la part de l’état français, qu’il enjoint à prendre des mesures de manière urgente.

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