Si les arguments que nous utilisons pour justifier notre réponse peuvent être nombreux et variés (« Ce n’est quand même pas très sympa de refuser… » ; « Le pauvre, il a besoin qu’on l’aide… » ; « Cela n’est vraiment pas grand-chose, je peux bien faire ça pour lui… », etc.…), ils ne représentent que la partie émergée de l’iceberg : les vraies raisons d’un accord donné malgré nous sont bien souvent inconscientes et d’un tout autre ordre : la peur.

Peur du conflit, peur de blesser ou d’être jugé(e), peur de décevoir, etc… toutes possèdent une racine commune : la peur de perdre l’estime et l’amour de l’autre, avec leur inévitable conséquence : la peur d’être rejeté(e). Même le besoin de faire plaisir ou celui de se sentir utile renvoient à cette problématique universelle : comment conserver l’amour de l’autre ?

Il faut comprendre que cette question est effectivement essentielle, voire vitale, en tout cas dans les premiers âges de la vie : l’enfant a besoin de l’autre, de ses parents notamment, pour prendre soin de lui et assurer sa sécurité. Mais c’est lorsque cette question reste en suspens et se réactive, même une fois adulte (comme si nous ne nous étions pas rendus compte que nous étions maintenant capables de nous débrouiller tout seul), qu’elle commence à nous poser problème.

Alors comment comprendre et accepter que nous sommes devenus des individus autonomes, que nous n’avons plus besoin de l’autre pour assurer notre confort et notre sécurité ? C’est-à-dire que nous n’avons plus besoin de répondre oui à la moindre de ses demandes ?

Dire non ça fait peur ?

Comme nous l’avons dit, les peurs liées au « non » sont multiples, mais possèdent toutes une racine commune : la peur de perdre l’estime et l’amour de l’autre. C’est une peur très ancienne et très archaïque, commune à tous les êtres humains.

Par conséquent, plus nous sommes proches affectivement de la personne qui formule une demande, plus il peut nous sembler difficile de lui dire « non ».

Ainsi, une fois adulte, les questions importantes à se poser pour s’autoriser à dire non sont les suivantes :

Que penser de celui qui ne m’aimerait plus parce que j’ai répondu non à l’une de ses demandes ?

Est-ce qu’il ne serait pas plus « utile » pour moi de rechercher l’estime et l’amour des gens qui m’écoutent, font l’effort de me comprendre et respectent mes envies, mes valeurs et mes décisions ?

Et quel meilleur moyen de le savoir que de répondre « non » lorsque c’est ce que je souhaite ?

Comment surmonter l’émotion liée au fait de dire « non » ?

Dépasser l’enjeu émotionnel lié au « non » n’est pas toujours facile. En effet, lorsque l’émotion est trop forte, elle nous « coupe » en quelque sorte de notre capacité à analyser correctement la situation. C’est la raison pour laquelle lorsque nous sommes la proie d’une émotion trop intense, la seule chose à faire est de temporiser (laisser l’émotion redescendre et revenir à un niveau qui ne nous empêche plus de réfléchir… !), en réservant sa réponse pour plus tard, par exemple avec une phrase comme :

« Je vais réfléchir à ta demande et je te réponds dès que j’ai décidé quelque chose… »

En effet, c’est parfois seulement hors contexte, c’est-à-dire sans la pression consciente ou inconsciente de l’attente de l’autre, que nous sommes réellement en mesure de prendre du recul et de décider correctement. Nous pouvons alors nous poser les bonnes questions :

Que nous dit notre « moi intérieur » ?

Que souhaitons-nous vraiment ?

Que craignons-nous, quels sont les risques si nous répondons « non » ?

Quelles sont les conséquences « réelles » pour nous si nous disons « oui » ? Et si nous disons « non » ?

Petit à petit, nous nous rendrons ainsi compte que nous n’avons pas à craindre la réaction de l’autre : soit il comprendra et acceptera notre refus, soit nous apprendrons à repérer mieux les gens capables de nous écouter (et de respecter nos choix) et ceux qui ne le sont pas. Car ces derniers existent aussi, et il faut apprendre à s’en protéger …

Sources

Quand dire « non » est une urgence pour sauver sa vie :

Savoir dire non à ses enfants sans violence

Des livres à consulter :

  • « S’affirmer et oser dire non », Christel Petitcollin
  • « Savoir dire non », Marie Haddou
  • « Comment savoir dire non : refuser sans offenser », William Ury
  • « 50 exercices pour savoir dire non », France Brécard
  • « Cessez d’être gentils, soyez vrai ! » Thomas d’Asembourg
Institut de recherche en prévention santé (IRPS)

L’Institut de Recherche et Prévention Santé (IRPS) est une association qui mène des actions de formation, d’accompagnement et de services dans tous les domaines de la prévention/promotion de la santé. Il rassemble les experts les plus pointus du secteur médical et social autour de 3 domaines principaux :

  • Santé et travail
  • Education et promotion de la santé
  • Bien vieillir

L’Institut de Recherche et Prévention Santé (IRPS) est une association qui mène des actions de formation, d’accompagnement et de services dans tous les domaines de la prévention/promotion de la santé. Il rassemble les experts les plus pointus du secteur médical et social autour de 3 domaines principaux :

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