Il est important de ne pas sous-estimer ou banaliser les effets de des troubles anxieux et nécessaire de les prendre en charge.

Le traitement des troubles anxieux repose sur des interventions médicamenteuses et/ou psychologiques. Dans tous les cas, une prise en charge médicale est nécessaire pour mettre en place une thérapie adéquate, adaptée aux besoins du patient, à ses symptômes et à sa situation familiale et sociale. Une grande partie des anxiétés pathologiques sont curables, d'autres sont susceptibles d'améliorations considérables qui permettent en général aux personnes de reprendre une vie quotidienne quasi-normale. La durée du traitement est extrêmement variable, de quelques semaines à plusieurs années.

Prise en charge psychologique

Une prise en charge psychologique est nécessaire en cas de troubles anxieux. Elle peut même constituer le seul traitement, ou être associée au traitement pharmacologique, selon la sévérité et la nature des troubles. Les études confirment que les approches psychothérapeutiques sont plus efficaces à long terme que la pharmacothérapie (médication) contre les troubles anxieux.

La thérapie cognitive et comportementale

C’est la thérapie qui a été le plus étudiée dans le traitement des troubles anxieux, notamment pour la phobie sociale, le trouble panique et le trouble obsessionnel-compulsifs. Orientée vers la gestion des émotions et des problèmes présents et futurs, ce type de thérapie aide la personne à mieux gérer son anxiété à l’aide d’échelles de mesure psychométrique, de fiches et d’exercices visant à mettre du sens dans ses ressentis, ses émotions et ses pensées. Les TCC aident à remplacer les idées négatives et inadaptées par des comportements et des pensées en adéquation avec la réalité et à réduire les symptômes invalidants (rites, vérifications, évitements, stress, agressivité). En se concentrant sur les facteurs qui causent et maintiennent l’anxiété et en donnant au patient des outils de contrôle, ce type de thérapie est généralement efficace de façon durable (12 à 25 séances de 45 minutes en général). D’autres types de thérapies, comme la thérapie pleine conscience, ont également montré leur efficacité lors d’études cliniques. Le but est de porter son attention et de se concentrer sur le moment présent, et d’apprendre ainsi à contrôler son anxiété. les psychothérapies analytiques : centrées sur l’individu lui-même et ses conflits psychiques, elles sont adaptées aux personnes très anxieuses qui veulent connaître la cause profonde de leurs troubles anxieux et de leurs comportements. Leurs effets sont de moyen terme. les thérapies de groupe : elles ont pour but de favoriser l’échange entre les personnes concernant leurs émotions et leurs sentiments. Les participants améliorent leur confiance en soi, leur affirmation de soi et apprennent à s’intégrer dans un groupe. Il existe plusieurs méthodes (psychodrame, groupes de paroles…). Quel que soit le mode de prise de charge choisi, le thérapeute a un rôle de soutien, il met en place une écoute attentive et apporte des conseils à court et moyen terme.

Traitement médical

La survenue d’un trouble anxieux est liée, entre autres, à des perturbations physiologiques au niveau du cerveau, en particulier au niveau de certains neurotransmetteurs, substances qui servent de messagers aux influx nerveux d’un neurone à l’autre. Si les symptômes sont trop intenses et que la psychothérapie ne suffit pas à les contrôler (par exemple en cas d’anxiété généralisée), un traitement médicamenteux peut être nécessaire. Il a pour objectif de tempérer les émotions, à soulager l’anxiété de la personne à court terme pour lui faciliter l’accès un travail psychothérapeutique de plus long terme. Plusieurs médicaments sont reconnus pour leur efficacité contre l’anxiété, en particulier les anxiolytiques (benzodiazépines, buspirone, prégabaline) qui agissent de façon rapide, et certains antidépresseurs qui constituent le traitement de fond, à savoir les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN). Attention : en début de traitement, ces médicaments peuvent entraîner une aggravation de l’anxiété, une surveillance médicale étroite est donc nécessaire. Du fait du risque d’accoutumance et de dépendance, les médicaments doivent être prescrits de façon temporaire. Leur arrêt doit être supervisé par le médecin qui les a prescrits.

Approches complémentaires

Les techniques de relaxation et proches Les exercices respiratoires agissent rapidement sur l’anxiété et diminuent le degré global de stress après une pratique régulière de quelques semaines. Ils sont à la base des techniques de relaxation. L’important est une pratique régulière, idéalement deux fois par jour. Après un certain temps, le degré d’anxiété diminuera et le degré d’énergie augmentera. Les techniques sont nombreuses (méditation, yoga, hypnose…) et ont fait leurs preuves pour réduire le stress et l’anxiété. La méditation, par exemple, amène la personne à concentrer son esprit sur un mot, un son, un symbole, une image ou sa propre respiration. Le but est de produire un profond état de relaxation et de tranquillité tout en stimulant l’esprit et le mental.

L'homéopathie, l'acupuncture ou la phytothérapie

Ces thérapeutiques peuvent être une indication et s’associer aux autres démarches. Elles sont à envisager de manière encadrée pour éviter les interférences.

Ce que la personne peut faire par elle-même

S’il est difficile d’éviter toute anxiété et toutes situations susceptibles de la générer, on peut la minimiser en développant son pouvoir de contrôle et d’action : la personne fait un premier pas décisif en ce sens, en décidant de s’engager dans une démarche thérapeutique. Elle peut aussi minimiser les risques d’anxiété, les ramener à un niveau tolérable, en modifiant certaines habitudes de vie et en veillant à une bonne hygiène de vie. Parmi les éléments d’une bonne hygiène de vie, à mentionner :

  • Un bon équilibre entre le travail, le repos et les loisirs
  • Une faible consommation de caféine, d’alcool et de nicotine
  • Une bonne alimentation
  • Une activité physique régulière
  • Le maintien de contacts (sociabilité et soutien en cas d’anxiété trop forte)

    Le rôle de l’entourage

    La cohabitation avec les personnes qui présentent des troubles anxieux, n’est pas forcément évidente même si l’entourage est bienveillant : il peut avoir du mal à comprendre, les comportements étranges, envahissants, qui font perdre du temps. En particulier dans les formes sévères invalidantes, de troubles anxieux, l’entourage peut avoir du mal à accepter que la personne soit moins en capacité d’assumer des responsabilités familiales, sociales et professionnelles. Il peut avoir aussi besoin de se faire accompagner, d’une part pour mieux comprendre les troubles de la personne, la soutenir « à sa juste place »… et tenir dans la durée.

    En cas d’urgence absolue (pulsions suicidaires), vous pouvez utiliser tous les numéros d’urgence : SAMU -15, Pompiers -18 ou Gendarmerie/Police -17. L’arrêt de la Cour de cassation du 6 octobre 2011 stipule qu’aucun refus de soin n’est opposable en cas d’urgence médicale. En cas d’impossibilité réelle, le médecin a l’obligation d’adresser le malade à un confrère.

    Pour aller plus loin