La puberté précoce se fait de plus en plus fréquente, en particulier chez les filles qui peuvent parfois devenir pubères avant même l’âge de 8 ans. Quelles sont les causes de cette évolution ? Faut-il s’inquiéter ?

Le point sur la puberté

La puberté est une période de la vie durant laquelle le corps change : les organes sexuels connaissent une transformation qui permettra la reproduction. Ces modifications sont progressives et se poursuivent sur plusieurs années, influant non seulement sur le corps mais également sur la personnalité de l’adolescent qui peut alors manifester des changements comportementaux et psychiques.

Chez les filles, la puberté débute le plus souvent entre huit et quatorze ans et l’évolution vers une maturité sexuelle totale prend environ quatre ans. Elle se manifeste par un grossissement des seins, l’apparition de poils pubiens, puis, la survenue des règles.

Chez les garçons, elle commence généralement entre neuf et quatorze ans et sa durée est habituellement plus longue (environ six ans). Elle se manifeste par un développement testiculaire, l’apparition des poils pubiens et la survenue de la mue vocale.

Les filles comme les garçons connaissent une accélération de croissance. 

Comprendre la puberté précoce

La puberté est considérée comme précoce quand elle se manifeste avant huit ans chez les filles et avant neuf ans et demi chez les garçons. Il faut noter que les filles sont dix fois plus touchées que les garçons.

C’est un phénomène déstabilisant pour les enfants comme pour les parents et qui est malheureusement de plus en plus fréquent. D’après une étude réalisée par Santé publique France, 1 173 nouveaux cas sont observés chaque année en France pour les filles, contre 117 pour les garçons. 

Causes de la puberté précoce

Chez les filles, la forme la plus fréquente de puberté précoce est la PPCI (puberté précoce idiopathique), ce qui signifie que l’on ne peut pas identifier la cause de ce phénomène. Elle représente plus de 90 % des cas. Pour les garçons, on retrouve une cause médicale dans 30 à 40 % des cas. Cependant, les soupçons se posent de plus en plus sur les facteurs environnementaux.

Le surpoids est un facteur de risque de la puberté précoce. De nombreuses études indiquent une association entre la masse adipeuse et la puberté. D’autre part, les scientifiques suspectent les perturbateurs endocriniens (comme les pesticides). Ce sont des substances chimiques étrangères à l’organisme qui peuvent avoir une incidence sur le système endocrinien et ainsi, créer des effets néfastes sur le fonctionnement du corps. Plus précisément, ces substances ont la capacité de mimer l’action des hormones naturelles, altérant ainsi le système hormonal d’un individu. Qui plus est, les perturbateurs endocriniens sont soupçonnés d’être liés à d’autres pathologies comme l’hypospadias (malformation de l’urètre) ou la cryptorchidie (absence du testicule dans la bourse).

Puberté précoce : diagnostic

Si un enfant présente des signes de puberté précoce, il est conseillé de réaliser un bilan à l’hôpital (d’une demi-journée). Un examen clinique permet d’évaluer le développement des caractères sexuels secondaires, d’établir la courbe de croissance, de déterminer les âges pubertaires familiaux et personnels, les facteurs de risque et les antécédents familiaux de pathologies.

Un bilan hormonal et un bilan radiologique doivent être effectués. Le bilan radiologique consiste en une radiographie du poignet gauche (pour déterminer l’âge osseux), une échographie pelvienne (pour vérifier le volume de l’utérus et des ovaires chez les filles et évaluer le stade de développement pubertaire). Dans le cas d’une confirmation de la puberté précoce, une IRM de l’hypophyse doit être réalisée.

Quelle prise en charge pour la puberté précoce ?

Si une puberté précoce est confirmée chez l’enfant, il est possible de lui administrer un traitement de freination pubertaire avec le recours à un produit de synthèse dont le but est de ralentir la sécrétion des hormones de la puberté.

En France, il existe plusieurs médicaments : le Gonapeptyl, l’Enantone et le Decapeptyl. Ils ont une action prolongée dont la durée peut être de 4 ou de 12 semaines. Ces produits peuvent être obtenus sur ordonnance en pharmacie. Ils se présentent sous forme d’injections, lesquelles seront effectuées par une infirmière. Il est possible d’avoir recours à un patch anesthésiant d’Emla si l’enfant redoute les piqûres. Un accompagnement psychologique peut également être proposé à l’enfant.

La vigilance est de mise face à la puberté précoce

Face à la puberté précoce, quelques gestes peuvent être adoptés par les parents. Tout d’abord, il important de limiter autant que possible l’exposition de l’enfant aux perturbateurs endocriniens. Il faut également faire attention aux changements de comportement, au développement des seins chez les filles ou des testicules chez les garçons s’ils sont âgés de moins de 9 ans. On recommande aussi de surveiller le poids de l’enfant, de favoriser l’activité physique et de privilégier une alimentation saine en évitant la nourriture contenant de nombreux produits chimiques et pesticides. En cas de doute concernant le développement pubertaire d’un enfant, il est vivement conseillé de consulter un pédiatre.

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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