Nous le savons tous, l’alimentation des mères a une influence considérable sur la santé de leur progéniture. Des études récentes ont cependant montré qu’elles ne sont pas les seules à avoir un impact, la nutrition des pères affecterait aussi la santé de leurs enfants.

L’alimentation paternelle : un pilier de la santé des enfants

Des chercheurs britanniques ont récemment découvert qu’un manque de protéines dans l’alimentation des pères impacte la qualité de leur sperme, ce qui a une incidence directe sur la santé de leurs enfants. L’étude menée par des scientifiques de l’Université de Nottingham a été réalisée sur des souris soumises à une alimentation de qualité moindre, pauvre en protéines, ce qui a eu pour résultat une progéniture souffrant d’obésité, avec des symptômes de diabète de type 2 ainsi qu’une expression réduite des gènes régulant le métabolisme. Selon les chercheurs, les mécanismes épigénétiques sont des médiateurs potentiels liant l’environnement paternel à la qualité du sperme et au développement défavorable de la progéniture.

Il est bien connu que la nutrition de la mère durant la grossesse affecte considérablement le développement de son enfant, ainsi que la santé de ce dernier sur le long terme. On retrouve ainsi, davantage d’informations sur les règles d’hygiène de vie à suivre pour les mamans en devenir. Il est important aujourd’hui, de réaliser que le mode de vie et l’alimentation des pères ne sont pas à négliger et que leur impact est également conséquent. La santé de la progéniture d’un homme serait ainsi affectée par deux facteurs incluant la qualité de l’information génétique qu’il transmet dans le sperme durant la conception. A cela s’ajoute l’environnement utérin maternel dont l’activité se déclenche grâce au liquide séminal. C’est ce qui permettra à l’embryon de se développer par la suite.

Avant le commencement : l’importance de la période de préconception

En avril 2018, trois articles scientifiques ont été publiés dans la revue médicale britannique « The Lancet », détaillant la manière dont la santé des hommes et des femmes peut affecter profondément la santé de leur progéniture, avant même la conception de celle-ci.

Selon les scientifiques, la majorité des importants changements épigénétiques et la partie la plus influente du développement embryologique se déroulent durant les premières semaines de grossesse (développement du cerveau, de la colonne vertébrale, des nerfs…). C’est pourquoi, une grande partie des événements clés dans la croissance d’un embryon se déroulent souvent avant même qu’une grossesse ne soit soupçonnée.

D’après les chercheurs, la période de préconception durant laquelle le père, tout comme la mère, doivent revoir entièrement les facteurs influençant leur santé et celle de leurs futurs enfants, devrait être redéfinie. Afin de limiter les risques liés à l’alimentation, à l’hygiène de vie et aux maladies chroniques telles que le diabète ou l’obésité, la période de préconception devrait s’étendre sur plusieurs mois, voire années. En effet, les gènes du père sont tout aussi importants que ceux de la mère dans le développement du placenta.

L’influence de l’alimentation des pères sur la santé de leurs enfants

Les habitudes alimentaires adoptées par les pères influencent celles de leurs enfants et ce, bien plus qu’on ne le pense. D’après une étude menée par Adam Walsh, maître de conférences en nutrition et diététique à l’Université Deakin, en Australie, l’alimentation des enfants est fortement impactée par celle de leurs pères. Les résultats indiquent que cet impact commence dès l’âge de 20 mois et devient encore plus prononcé au fur et à mesure que les enfants grandissent. Selon Adam Walsh, même les pères qui ne cuisinent pas pour leurs enfants ont une influence indirecte sur le comportement alimentaire de ces derniers. Cette étude souligne l’importance de l’impact paternel sur la mise en place d’une alimentation saine et équilibrée pour les enfants.

L’implication des pères dans la nutrition des enfants

Vous l’aurez compris, les habitudes alimentaires des pères ont des répercussions non négligeables sur la santé des enfants, que ce soit avant leur naissance ou après. En 2016, une étude américaine publiée dans la revue « American Journal of Health Behaviour » a examiné l’implication paternelle dans le comportement alimentaire des enfants. D’après les résultats de l’étude, un quart des pères interrogés mangeraient à l’extérieur avec leurs enfants plusieurs fois par semaine. Une activité qui s’est révélée être statistiquement liée à une consommation accrue de produits provenant des fastfoods et de boissons artificiellement sucrées. Qui plus est, les pères ayant déclaré prendre leur petit-déjeuner plus souvent avec leur enfant avaient plus de risques de voir celui-ci en surpoids.

Ces résultats soulignent le fait qu’il existe des comportements alimentaires potentiellement modifiables chez les enfants, changements qui doivent en partie être encouragés par leurs pères, en particulier au regard des repas à l’extérieur et des repas en famille. Selon les auteurs de l’étude, c’est un domaine qui mérite une plus grande attention car il peut représenter une composante essentielle des interventions en matière de gestion du poids en pédiatrie.

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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