Le plan de santé dévoilé en septembre par Emmanuel Macron a pour objectifs de désengorger les hôpitaux, d’adapter le système de santé au vieillissement et aux maladies chroniques et enfin d’améliorer l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.

Faire face à l’évolution des usages

Lutte contre les déserts médicaux, fin du numerus clausus, création de 4.000 postes d'assistants médicaux pour décharger les médecins de la paperasse... le plan dévoilé en septembre par le Président de la République est ambitieux ! Pour renforcer l’offre de soins, le plan « Ma Santé 2022 » bénéficie d’un budget de 3,4 milliards d’euros dont un tiers sera consacré à l’investissement hospitalier.

« Ce système de soins n'est plus adapté ni à la demande ni à l'offre de soins [...] Nous devons restructurer pour les cinquante années à venir »

déclarait Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse à l'Elysée le mardi 18 septembre.

Pourquoi un tel investissement ? Tout simplement car le système actuel est devenu inadapté à nos usages et au vieillissement de la population. Obtenir un rendez-vous médical est de plus en plus long et difficile alors que dans le même temps le nombre de pathologies chroniques augmentent et que celles-ci nécessitent un suivi régulier, souvent par plusieurs spécialistes.

Les médecins sont tout autant impactés que le grand public par cette évolution démographique. En effet, ils manquent de temps pour s’occuper de leurs patients tandis que les obligations administratives augmentent.

Au final, les professionnels de santé et les patients subissent les conséquences d’un système de santé vieillissant. L’objectif de ce plan, qui comporte une cinquantaine de mesures, et donc de moderniser ce système et de l’adapter aux attentes présentes et futures.

La suppression du numerus clausus

Afin d’augmenter le nombre de médecins, l’emblématique « numerus clausus » du concours de médecine sera supprimé à la rentrée 2020. Depuis 1971, il limite le nombre d'étudiants admis en deuxième année d'études de médecine, de maïeutique (sages-femmes), d'odontologie ou de pharmacie. Ce système de quotas avait déjà été qualifié d' « inefficace et injuste » par Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle.

« Le numerus clausus sera supprimé pour cesser d'entretenir une rareté superficielle »

a expliqué le chef de l’État pour justifier cette mesure.

Des assistants médicaux pour donner le temps au médecin de s’occuper des patients

Une des raisons qui font que les médecins manquent de temps dédié aux patients est la gestion administrative. Pour remédier à ce problème soulevé depuis longtemps par les syndicats de médecins, 4000 postes d’« assistants médicaux » seront créés progressivement à compter de 2019. L’objectif de ces assistants est d’épauler les médecins dans leurs tâches administratives mais aussi de les aider dans leur activité quotidienne en se chargeant, par exemple, de la prise de tension ou de poids des patients.

Dans une interview exclusive accordée à L’Express, la Dr Margaux Bayart, vice-présidente du syndicat des généralistes MG France, explique que cette initiative permettrait de

« remettre du physique dans l’accueil des patients » et que le parcours-type de ce nouveau poste pourrait être une « formation de deux ans minimum, avec une validation des acquis et des formations complémentaires ».

Elle précise toutefois que l’assistant médical aurait des fonctions différentes en fonction de la localisation et donc des types de patients.

Des créneaux de consultation rallongés jusqu’à 20h

Pour diminuer le temps d’attente aux urgences, dont un passage sur cinq pourrait être pris en charge par un médecin, les généralistes seront priés d'accepter de nouveaux patients et d'assurer des consultations sans rendez-vous en journée jusqu'à 20h. Le Président de la République a ainsi expliqué que les services d'urgence doivent progressivement être réservés aux « urgences vitales ».

Cette « permanence des soins » devra couvrir tout le territoire d’ici 2020. Pour inciter le patient à se rendre au cabinet du médecin plutôt qu’aux urgences, la consultation devrait à cet horizon être prise en charge à 100% pour ne plus avoir à avancer les frais.

Un espace numérique pour tous

Enfin, le déploiement du dossier médical personnel sur l’ensemble du territoire débutera en novembre. Non obligatoire, il sera proposé par l’Assurance maladie à toutes les personnes qui en feront la demande.

Ce dossier numérique contiendra l’ensemble des informations d’un patient : comptes-rendus d’hospitalisation, résultats d’examen ou encore documents déposés dans son dossier médical partagé (DMP). Le patient pourra également accéder aux services de prise de rendez-vous en ligne proposés par les professionnels et les établissements de santé et trouvera de nombreux outils d’éducation et de prévention adaptés à sa situation.

Parmi les autres mesures qui seront mises en place, des postes de médecins généralistes à exercice partagé ville-hôpital seront financés et envoyés dans les territoires prioritaires pour lutter contre les déserts médicaux, et la formalisation de guides de prise en charge pour les maladies chroniques pour lutter contre les délais d’obtention de rendez-vous et donner davantage d’indépendance aux patients.

 

Clément Kolodziejczak

Rédacteur Web Seo et Blogueur

Rédacteur Web Seo et Blogueur

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