Le régime paléolithique, également appelé régime paléo, est une diète minceur à la mode qui vante les habitudes alimentaires des hommes préhistoriques. Mise en lumière sur ses avantages, les dangers qu’elle engendre mais aussi et avant tout, sa validité d’un point de vue scientifique.

Les principes du régime paléolithique

Selon son créateur Loren Cordain, scientifique américain spécialisé dans la nutrition et la physiologie de l’exercice, le régime paléolithique se base sur des aliments de tous les jours qui se rapprochent de ceux dont se nourrissaient nos ancêtres chasseurs-cueilleurs.  D’après lui, cette méthode permettrait d’améliorer sa santé, de réduire le risque de maladies chroniques et de perdre du poids. C’est un régime qui se base sur sept principes fondamentaux :

  • Un apport en protéines plus élevé : 19 à 35 % des calories journalières

  • Un apport en glucides diminué : 35 à 45 % des calories journalières

  • Un apport en fibres plus élevé

  • Un apport modéré ou plus élevé en graisses, notamment en acides gras mono-insaturés ou poly-insaturés (avec un équilibre entre les oméga-3 et oméga-6)

  • Plus de potassium, moins de sodium

  • Une charge alcaline nette qui équilibre l’acide alimentaire

  • Un apport plus élevé en vitamines, minéraux, antioxydants et composés phytochimiques

Le régime paléolithique inclut une part importante de viande d’animaux nourris à l’herbe, de poisson, de fruits de mers, d’œufs, de fruits et légumes frais, de fruits à coques, de graines, et d’huiles végétales. Sont exclus les produits provenant de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire (céréales, légumineuses, produits laitiers, sucre raffiné, pommes de terre, aliments transformés, huiles végétales raffinées, sel).

Avantages du régime paléo

Le régime paléolithique est particulièrement intéressant au vu de ses apports élevés en fruits et légumes frais dont les bienfaits pour l’organisme à court et à long terme ne sont plus à démontrer. Qui plus est, réduire son apport en sodium peut également avoir des effets positifs sur la santé. D’autre part, il est tout aussi bénéfique d’exclure de ses habitudes alimentaires les produits transformés ou le sucre raffiné.

Plusieurs études ont été réalisées sur le régime paléo, témoignant de certains de ses bienfaits pour la santé. Selon une revue systématique datant de 2012, c’est une diète qui aiderait à réduire le risque de développer des maladies cardiovasculaires, le syndrome métabolique, le diabète de type 2, certains cancers, l’acné et la myopie. Des études préliminaires auraient montré des résultats positifs incluant des changements bénéfiques au regard des facteurs de risque tels que le poids, le tour de taille, la protéine C-réactive, l’hémoglobine glyquée (HbA1c), la pression artérielle, la tolérance au glucose, la sécrétion d’insuline, la sensibilité à l’insuline et le profil lipidique.

Régime paléo : quels dangers ?

L’un des principes du régime paléolithique est de réduire ses apports en glucose. Toutefois, celui-ci est un élément indispensable au bon fonctionnement du corps. Lorsqu’il manque de glucose, le corps entame un mécanisme pour le fabriquer avec des acides aminés provenant des protéines. Sur le long terme, ce déficit peut nuire à la santé des reins qui doivent drainer l’excédent de déchets provenant de la dégradation des protéines. Sachant que le régime paléo se base sur un apport très élevé en protéines, la santé rénale est d’autant plus mise à l’épreuve. Qui plus est, la viande d’élevage s’étant très éloignée du gibier de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, une telle alimentation peut contenir des lipides saturés qui peuvent favoriser le risque de développer des pathologies cardiovasculaires.

Il faut ajouter qu’un bannissement des légumineuses et des céréales complètes ne doit, de plus, pas être vu comme positif, car contrairement aux sucres rapides (sucre raffiné, pain…), ces glucides sont assimilés lentement et présentent de nombreux bienfaits pour l’organisme.

Enfin, il faut garder à l’esprit qu’il n’existe pas de régime minceur miraculeux : une telle perte de poids s’accompagne très souvent d’un effet yoyo, c’est-à-dire une reprise de poids dès le retour à une alimentation classique, avec les conséquences négatives que cela peut engendrer.

Des arguments « scientifiques » ?

Sur son site dédié au régime paléo, Loren Cordain indique les aliments qui peuvent être consommés durant celui-ci avec l’exemple d’un menu type. On peut y lire que pour le repas du soir, il est possible de boire un verre de vin avec, toutefois, entre parenthèses, la précision suivante : « Bien entendu, le vin n’aurait jamais été à la portée de nos ancêtres, mais la règle du 85:15 vous permet de consommer trois repas non-paléo par semaine. ». Cependant, la  majorité du reste des aliments présents sur le tableau n’était pas non plus à la portée des chasseurs-cueilleurs.

Dans son livre « Dans l’œil du pigeon », Luc-Alain Giraldeau, professeur d’écologie comportementale à l’Université du Québec, explique que le régime paléo

« repose sur une image naïve, simpliste et irréelle de l’ère paléolithique. Prenons un exemple. Un site Internet de régime paléo vous suggère le petit déjeuner suivant : omelette, oignon sauté, champignons, brocoli et huile d’olive. D’abord, trouver des œufs au paléolithique pour faire une omelette aurait représenté un défi important puisque les oiseaux ne se tenaient pas en basse-cour ; par conséquent il aurait fallu attendre la saison de reproduction des oiseaux, une fois l’an. Ensuite, les oignons n’existaient pas tels que nous les connaissons aujourd’hui, ni le brocoli d’ailleurs. De plus, il aurait été impossible aux hommes du paléolithique d’extraire l’huile d’olive. »

Le scientifique remet également en lumière quelques faits : l’alimentation à l’ère du paléolithique a pu être très variée selon les siècles et les régions du monde, les fruits et légumes ont été adaptés au fil du temps par l’homme et ne correspondent plus à ceux de la Préhistoire et il en va de même pour la viande. Qui plus est, les chasseurs-cueilleurs n’avaient pas les mêmes besoins en termes de nutrition en raison d’une activité physique bien différente de la nôtre aujourd’hui. [1]

Conclusions ? Le régime paléo peut être bénéfique d’un certain point de vue, de par une exclusion de certains aliments qui peuvent être néfastes pour notre santé et un rapprochement d’une alimentation plus naturelle. Cependant, ce régime qui n’a, en fin de compte, pas grand-chose à voir avec les habitudes alimentaires de nos ancêtres du Paléolithique, n’est pas sans danger au vu d’un équilibre très différent de celui d’un régime classique, et n’est pas forcément adapté à tout le monde.

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

Commentaires

Chantal le 15/04/2019

Il serait judicieux, après un tel article qui interpelle probablement de nombreux et nombreuses mutualistes, de citer ensuite dans un prochain article un autre régime très suivi : le régime parfois dit "ancestral" du Dr Seignalet. En effet, le Dr Seignalet ne propose pas un régime aussi incohérent que celui qui est cité par Julia Meilunaite sur le régime paléo Car, tout en condamnant l'alimentation moderne souvent "dénaturée", le Dr Seignalet propose de ne s'alimenter qu'avec des aliments peu ou pas transformés (bios, crus ou cuisson douce), sans blé, maïs et laitages, une alimentation la plus proche possible de celle de nos ancêtres cueilleurs-chasseurs.
Et pourquoi pas en citer les bienfaits démontrés par cet extraordinaire médecin et biologiste, chercheur de l'Université de Médecine de Montpellier et les résultats statistiques de sa méthode, appliquée par ses nombreux patients :
"Mis au point en 1985, le regime Seignalet est d'abord un régime santé qui vise à soigner. Il est totalement équilibré et ne comporte aucun danger. Il prône une alimentation diversifiée et la plus proche possible de celle de nos ancètres cueilleurs-chasseurs. C'est pourquoi on le nomme parfois régime ancestral. " *
*: https://www.seignalet.fr/

Pour aller plus loin