SOMMAIRE

1. Questionnaire d’auto diagnostic
2. Thérapies
3. Eléments pouvant contribuer à une vulnérabilité aux TCA

Questionnaire d’auto diagnostic

Il est courant d’être préoccupé par son alimentation, son poids ou son corps, cependant un premier test d’auto-diagnostic peut permettre de cerner si ces inquiétudes sont excessives et peuvent entraîner des comportements qui pourraient impacter la santé. 

Par exemple, le questionnaire SCOFF, un outil rapide et validé, notamment par la Haute Autorité de Santé, permet de détecter d’éventuels troubles du comportement alimentaire :

  1. Vous faites-vous vomir parce que vous vous sentez mal d’avoir trop mangé ?
  2. Vous inquiétez-vous d’avoir perdu le contrôle de ce que vous mangez ?
  3. Avez-vous récemment perdu plus de 6 kg en 3 mois ?
  4. Pensez-vous que vous êtes gros(se) alors que d’autres vous trouvent trop mince ?
  5. Diriez-vous que la nourriture domine votre vie ?

Deux réponses positives sont fortement prédictives d’un TCA. Dans ce cas, il est nécessaire de consulter un professionnel de santé.

Thérapies

En cas de détection d’un éventuel trouble alimentaire, une consultation avec un médecin généraliste, un pédiatre et/ou un psychiatre permet de mettre en place une prise en charge adaptée. 

Ce médecin peut devenir le coordinateur des soins entre les différents professionnels de santé. En effet, Les TCA entraînant des symptômes physiques et psychiques, il est nécessaire de créer un réseau multidisciplinaire de thérapeutes.

Les soins en hospitalisation temps plein ne sont pas systématiques. Ils sont réservés aux patients présentant des critères de gravité somatiques ou psychiatriques, mais aussi aux échecs des soins en ambulatoire. Les soins sont de préférence conduits en ambulatoire, avec un principe pluridisciplinaire, souvent intensifs, s’adaptant à l’âge, à la gravité et à l’évolution du trouble.  Le travail avec l’entourage et la famille est maintenant un principe, surtout chez les jeunes en dessous de 19 ans. En parallèle d’une prise en charge nutritionnelle et somatique dont l’objectif principal est de restaurer un poids normal en fonction de la taille et de l’âge,  il est souhaitable que le patient engage un processus de psychothérapie. Ce processus n’est possible qu’à condition que la personne ait un poids suffisant. Les associations d’entraide spécialisées dans les TCA peuvent s’avérer un excellent recours pour la personne et ses proches.

Si le patient est amené à suivre des séances de psychothérapie de soutien, le psychiatre pourra éventuellement être amené à prescrire des antidépresseurs si le trouble alimentaire est associé à des crises d’anxiété ou une dépression. De plus, le second objectif de la prise en charge est de supprimer les comportements dangereux (vomissements, ingestion alimentaire excessive, sport à l’excès). Enfin, consulter un psychologue pour libérer ses émotions, mieux les comprendre et les gérer peut, dans certains cas, aider le patient à guérir.

EN SAVOIR PLUS :

L’hospitalisation peut cependant devenir nécessaire en cas d’urgence physique, psychique ou dans le cas où les soins en ambulatoire ne permettent pas une amélioration. Elle se fait dans un souci de respect et d’accompagnement du patient et de sa famille. Durant son séjour, le patient se verra proposer des programmes pluridisciplinaires (programme nutritionnel, entretiens thérapeutiques, activités de groupe telles que des groupes de parole mais aussi de l’art-thérapie, des activités culturelles, du sport…). Les thérapies incluant la famille du patient sont de plus en plus développées, notamment sur le modèle d’une équipe anglaise « l’approche Maudsley ». Il s’agit d’une approche de thérapie familiale visant spécifiquement les TCA  développée à Londres à la fin des années 80.

La réalimentation se fera, soit de manière classique avec des repas adaptés (voie entérale), soit en cas de dénutrition sévère via une sonde naso-gastrique reliée à une poche nutritive. La renutrition est une étape importante des soins qui, dans les cas graves, ne peut pas se faire au domicile.  Le contenu de la poche sera adapté en fonction de l’état de la personne malade ; en effet, une réalimentation trop rapide entraînerait d’autres troubles car le corps n’est plus habitué à supporter cet apport énergétique. Le contenu de la poche sera donc enrichi au fur et à mesure de l’amélioration de l’état de la personne malade. 

Dans certains cas, notamment lorsque le patient est un adolescent, le traitement pourra être articulé autour d’un « contrat de poids ». Ce contrat définit des objectifs de poids à atteindre en prenant en compte les spécificités de chaque personne. Il est établi dans une notion d’alliance thérapeutique, c'est-à-dire en collaboration avec le patient, dans une relation de confiance.

La première étape de ce type de soins peut nécessiter une séparation temporaire avec l’entourage, ceci n’étant pas systématique. Cette phase permet au patient de pouvoir se recentrer et de se remettre à l’écoute de lui-même car les personnes atteintes de TCA ont souvent tendance à négliger leur rapport à elles-mêmes. 

Au fur et à mesure des progrès réalisés, la personne malade pourra recommencer à pratiquer des activités et échanger avec ses proches.

MEMO :

Le traitement des Troubles du Comportement Alimentaire peut éventuellement combiner différents types de soins tels que :
  • Des soins médicaux 
  • Des soins  nutritionnels
  • Des psychothérapies individuelle, familiale, et/ou de groupe
  • Des médicaments
  • Dans certains cas, une ou des phases d’hospitalisation

Eléments pouvant contribuer à une vulnérabilité aux TCA

Pendant de nombreuses années, les gens ont pensé que les familles étaient les seules responsables lorsque leurs enfants développaient un TCA. Cette théorie est désormais abandonnée car les recherches et le traitement des patients ont démontré que les causes de la maladie sont multiples : elles sont biologiques, psychologiques et environnementales. De plus, beaucoup de choses restent encore à étudier ou éclaircir avant de pouvoir affirmer que telle ou telle facteur est un facteur de risque de TCA.

Pour les parents, la réussite d’un enfant passe souvent par la réussite scolaire et les performances sportives. Il est bien entendu important d’encourager son enfant dans la réussite de ses projets mais il ne faut cependant pas tomber dans le « culte de la performance ». En effet, à trop rechercher la perfection, vous risquez de créer chez lui un sentiment d’angoisse permanent, ce qui nuirait à son bon développement. Dans ce cas, le mal-être ressenti risque de se changer en agression contre son propre corps afin d’évacuer la tension. Il est donc important de ne pas inciter son enfant à être trop perfectionniste.

Il peut aussi arriver que les parents aient des difficultés personnelles à gérer (deuil, chômage, divorce …). L’enfant ne voudra alors pas perturber ses parents avec ses problèmes, voire cherchera à les protéger. Le rôle de chacun se trouvera inversé et l’enfant grandira trop vite. Dans ce cas, il risque de sentir que tout lui échappe. Il cherchera alors à retrouver un sentiment de contrôle ce qui peut se traduire par un contrôle excessif de son corps et de son alimentation.

Les régimes sont également dangereux. Les adolescents se préoccupent beaucoup de leur image, de leur corps. A cet âge, de nombreux changements hormonaux interviennent, et ils ont parfois du mal à s’accepter avec ce « nouveau » corps. D'un autre côté, les régimes sont banalisés. En effet, il n’est pas rare qu’un parent soit au régime car il a pris un peu de poids. La restriction crée un sentiment d’envie insatisfaite ce qui débouche souvent sur des comportements d’excès. Au bout de quelques mois de privations, il n’est plus possible de tenir. Dans le cas d’une restriction alimentaire, cela conduit à un comportement boulimique : la personne va « se jeter » sur la nourriture. Pour aider l’enfant à passer cette période difficile de son développement, il est plutôt conseiller de l’inciter à manger à satiété quand il a faim, plutôt que d’alterner des périodes de restriction et de consommation excessives, de faire confiance à son corps car si le jeune perçoit ses besoins et sa satiété, son corps se régulera de lui même.

Pour plus d’informations, consultez le livret d’information pour les familles et les proches.

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