Une nouvelle avancée a été faite dans la lutte contre le SIDA. Pour la deuxième fois, un patient atteint du VIH est parvenu à éliminer toute trace du virus de son organisme grâce à une transplantation de moelle osseuse.

Le successeur du « patient de Berlin »

Jusqu’alors, la seule personne à avoir réussi à se débarrasser du VIH (virus de l’immunodéficience humaine) et à redevenir séronégatif était Timothy Ray-Brown, longtemps resté anonyme sous le pseudo du « patient de Berlin ». Après avoir été contaminé en 1995, c’est en 2007 qu’il a éliminé le virus de son organisme, jusqu’à sa moindre empreinte, grâce à un don de moelle osseuse pour faire face à une leucémie (cancer des tissus responsables de la formation du sang).

Dix ans après, un nouveau cas de guérison d’une infection par le VIH fait surface. Surnommé le « patient de Londres », cet homme est aujourd’hui en rémission prolongée. Il avait reçu le même traitement que le patient de Berlin, c’est-à-dire une transplantation de moelle osseuse. Dans son cas, le but était de traiter un lymphome de Hodgkin, un autre type de cancer du sang. Les deux individus ont reçu des cellules souches de donneurs ayant une mutation génétique rare qui permet d’empêcher le VIH de s’installer. Environ 1% des personnes d’ascendance européenne possèdent deux copies de cette mutation qui leur permet de résister au virus.

Une disparition totale du VIH chez le « patient de Londres »

Le cas du patient de Londres a été décrit dans une lettre envoyée au journal scientifique Nature, le 5 mars 2019, par l’équipe du professeur Ravindra Gupta de l’United College of London, au Royaume-Uni. Les scientifiques ont remarqué une disparition complète du virus du sang du patient suite à la transplantation. Plus de deux ans après, l’individu a cessé la prise de médicaments antirétroviraux (traitement standard contre le VIH). Un bilan réalisé après 18 mois d’absence de traitement n’a révélé aucun signe du virus.

Un traitement moins agressif est possible

Il faudra encore patienter un peu pour avoir la certitude d’une guérison totale du patient de Londres. Qui plus est, bien que ce cas représente une avancée scientifique considérable dans la lutte contre le Sida, on est encore loin d’un traitement applicable à grande échelle.

Toutefois, l’étude du professeur Gupta suggère qu’une rémission complète comme celle de Timothy Ray-Brown est possible pour certains patients et ce, avec un traitement moins agressif pour l’organisme. En effet, avant la transplantation, le patient de Berlin avait subi une radiothérapie sur l’intégralité de son corps en addition de médicaments chimiothérapiques tandis que le patient de Londres a été traité par chimiothérapie et a reçu un médicament ciblant les cellules cancéreuses.  

Le protocole thérapeutique appliqué pour traiter le patient de Londres est moins invasif que celui appliqué pour le premier patient à Berlin. Les résultats positifs obtenus grâce à ce nouveau protocole suggèrent donc que les patients atteints du VIH ne nécessiteraient pas forcément la mise en place de traitements lourds - comme la radiothérapie - pour accompagner la transplantation efficace de cellules souches.

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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