Les violences sexuelles sont une expérience destructrice et traumatisante pour les victimes. Elles ont un grave impact sur leur santé, aussi bien à court qu’à long terme. Il est souvent difficile d’évaluer l’ampleur des dégâts secondaires dûs aux agressions sexuelles. Si l’impact psychologique est régulièrement mis en avant, les conséquences physiologiques restent encore méconnues. Une méconnaissance qui porte préjudice aux victimes et qui amenuise la qualité de leur prise en charge.

Violences sexuelles : quelles réalités ?

Selon l’Enquête Virage réalisée en 2015 par Institut national d’études démographiques (INED), les violences sexuelles, dans leurs formes les plus graves, touchent majoritairement les femmes et sont principalement les agissements d’un ou de plusieurs hommes. En France, durant l’année précédant l’étude, 52 400 femmes et 2 700 hommes ont été violés au moins une fois et plus d’un demi-million de femmes ont subi des agressions sexuelles autres que le viol (attouchements, baisers forcés...).

Durant sa vie, 1 femme sur 7 subit des agressions sexuelles et 1 femme sur 26 est victime d’un viol. D’autre part, 40 % des femmes ayant subi au moins un viol ou une tentative de viol au cours de leur vie, en ont été victimes avant leurs 15 ans.

Des connaissances actuelles insuffisantes

Les conséquences sur la santé des victimes sont multiples, tant au niveau psychologique que physique. Aussi bien immédiates que sur le long terme, elles peuvent perdurer tout au long de la vie. D’autre part, les personnes ayant subi des agressions sexuelles vivent souvent une amnésie post-traumatique. Il devient alors difficile pour elles d’établir un lien entre leur souffrance, les symptômes éprouvés et l’expérience destructrice vécue.

Violences sexuelles : un impact physique bien réel

L’impact psychologique des violences sexuelles est connu depuis longtemps. Toutefois, les conséquences physiologiques, en particulier celles qui se manifestent sur le long terme, sont souvent méconnues et sous-estimées. Certaines de ces répercussions somatiques ont un lien avec l’atteinte de la santé psychique (stress post-traumatique, troubles du comportement alimentaire, addictions…).

D’autre part, un lien entre des antécédents d’agression sexuelle et des pathologies touchant à la santé physique commence à faire surface. Ces atteintes physiologiques peuvent inclure des dysfonctionnements métaboliques, digestifs, neurologiques, musculaires, articulaires, cardiovasculaires … etc. Selon une étude, parmi les atteintes physiques les plus fréquentes, on retrouve des douleurs chroniques, des allergies, des problèmes dermatologiques, des troubles gynécologiques et, étonnamment, des infections ORL.

Agressions sexuelles : sources de graves pathologies

Une enquête téléphonique réalisée aux Etats-Unis auprès de personnes ayant subi des violences sexuelles au cours de leur enfance, a montré un risque accru chez ces personnes de développer un cancer à l’âge adulte. Une autre étude a montré une augmentation de la prévalence du cancer du col de l’utérus chez les femmes victimes d’agressions sexuelles. D’autre part, les violences physiques et sexuelles sont le second facteur de risque de l’asthme. Les maladies auto-immunes et le diabète sont également plus fréquents chez les victimes d’agressions sexuelles.

Une fréquence élevée de troubles gynécologiques chez les femmes

Les troubles gynécologiques touchent particulièrement les femmes ayant subi des violences sexuelles. On note un très grand nombre de douleurs pelviennes chez les femmes violées et une forte prévalence de fibromes chez les femmes ayant subi des violences sexuelles dans leur enfance. Cette dernière est liée à une insuffisance lutéale (sécrétion insuffisante de progestérone durant le cycle menstruel), provoquant un déséquilibre hormonal, entraînant notamment des migraines. Par ailleurs, les femmes victimes d’agressions sexuelles durant leur enfance sont plus à risque de souffrir d’endométriose, une maladie chronique qui provoque, entre autres, de fortes douleurs dans la zone pelvienne, abdominale et lombaire.

L’importance de l’accompagnement

Une personne victime de violences sexuelles va souvent porter à vie les séquelles de son expérience traumatisante. Entre souffrances physiques, morales et psychiques, c’est toute sa vie qui sera impactée. C’est pour cette raison qu’il est primordial d’approfondir la formation des professionnels de santé sur le sujet afin que tous les aspects de ces traumatismes puissent être traités. Il est également essentiel d’établir une prise en charge plus rapide afin que les victimes puissent bénéficier des protocoles thérapeutiques aussi tôt que possible.

Julija Meilunaite, rédactrice

Rédactrice WEB et auteure de livres

Rédactrice WEB et auteure de livres

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